Facebook accusé d'avoir gonflé sciemment son audience pour générer plus de revenus publicitaires

Le réseau social fait face depuis 2018 à une action de groupe en justice.

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France Télévisions
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Un employé de Facebook dans les locaux de la société en Californie (Etats-Unis), le 23 octobre 2019. (JOSH EDELSON / AFP)

Y a-t-il eu une tricherie ? Des entreprises accusent Facebook d'avoir intentionnellement gonflé son nombre d'utilisateurs qu'il savait pas fiables et artificiellement élevées. Le réseau social aurait ignoré le problème afin de générer des recettes publicitaires plus importantes, selon ces sociétés qui se basent sur des documents juridiques dévoilés mercredi 17 février.

"Ce sont des revenus que n'aurions jamais dû avoir car ils étaient basés sur des fausses données", explique le responsable du "Potentiel reach" de Facebook dans un e-mail interne, d'après les documents consultés par l'AFP. Cette mesure surestimait l'audience potentielle des campagnes publiciaires, mais les dirigeants de la plateforme n'ont pas cherché à rectifier la situation pour ne pas perdre de revenus, selon les plaignants.

"Facebook savait que son 'Potential reach' était gonflé et trompeur. (...) Facebook savait que le problème était largement causé par des faux comptes et des doublons."

Les plaignants

"Des dirigeants ont empêché des employés de réparer le problème parce qu'ils pensaient que 'l'impact sur les revenus serait significatif'", poursuivent ces entreprises qui mènent une action de groupe en justice depuis 2018 contre le géant américain. Toujours selon les documents consultés par l'AFP, un autre employé se serait demandé "combien de temps nous pourrons nous en tirer" avec cette "surestimation" de l'audience du réseau social.

L'audience, un enjeu capital

"Ces documents ont été sélectionnés pour correspondre à l'histoire racontée par le plaignant. Le 'Potential reach' est un outil de planification de campagne qui n'est jamais utilisé pour facturer les annonceurs", a réagi Joe Osborne, un porte-parole de Facebook.

"C'est une estimation et nous expliquons clairement comment elle est calculée sur notre interface publicitiaire."

Un porte-parole de Facebook

La société californienne tire l'écrasante majorité de son chiffre d'affaires de la vente d'espaces publicitaires ciblés à des annonceurs. Les prix varient en fonction de nombreux critères, à commencer par le nombre d'utilisateurs susceptibles de voir la campagne. En mars 2019, le réseau social a changé la mesure de sa "portée potentielle", qui n'est depuis plus basée sur les utilisateurs actifs mais sur le nombre de personnes ayant vu une publicité sur l'un des produits de la firme lors des 30 jours écoulés. 

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