Des survivants de l'Holocauste demandent à Facebook le retrait de contenus négationnistes

Aux Etats-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi. 

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, le 23 octobre 2019 à Washington (Etats-Unis).
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, le 23 octobre 2019 à Washington (Etats-Unis). (MANDEL NGAN / AFP)

"Quand des gens disent en ligne que l'Holocauste n'a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n'ont pas été assassinés par les nazis." Des survivants de l'Holocauste ont demandé à Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Facebook, de retirer du réseau social les contenus négationnistes, mercredi 29 juillet.

Neuf rescapés témoignent dans la vidéo mise en ligne sur le plus grand réseau social du monde, dont Eva Schloss, demi-sœur d'Anne Frank, aujourd'hui âgée de 91 ans. La vidéo a été réalisée en partenariat avec la Claims Conference, organisation créée en 1951 notamment pour œuvrer à la récupération de biens spoliés. "Ceux qui disent que l'Holocauste n'a pas existé me traitent de menteur", résume Sidney Zoltak, qui a échappé aux camps en se cachant dans des villages en Pologne.

Dans un document publié début juillet, l'organisation de lutte contre l'antisémitisme Anti Defamation League (ADL) a donné plusieurs exemples de groupes Facebook au sein desquels des usagers mettaient ouvertement en doute l'existence de l'Holocauste ou son étendue. Parmi eux le groupe CODOH ou "comité pour un débat ouvert sur l'Holocauste", où étaient encore visibles mercredi des messages niant que le génocide des juifs d'Europe a bien eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale.

Aux Etats-Unis, le négationnisme n'est pas interdit

Aux Etats-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi et la jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression. Dans de nombreux Etats européens, en revanche, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales.

En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu'il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook. Sollicité par l'AFP, Facebook a indiqué qu'il supprimait tout contenu qui "défendait" l'Holocauste, "essayait de le justifier", "accusait les victimes de mentir" ou incitait à la haine ou la violence contre les juifs. Mais la plateforme ne retire pas du contenu "uniquement parce qu'il est faux", a précisé un porte-parole, et ne supprime donc pas les contenus négationnistes, même si elle cherche à en limiter la propagation sur la plateforme.