Avant de mettre à jour WhatsApp, quatre questions sur la nouvelle politique de partage des données de la messagerie

A partir du 15 mai, des millions d'utilisateurs devront accepter d'installer une mise à jour et de nouvelles conditions générales d'utilisation afin de pouvoir continuer à utiliser l'application.

Article rédigé par
Louisa Benchabane - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
L'application WhatsApp a été rachetée par Facebook en 2014, pour 19 milliards de dollars. (MAHMUT SERDAR ALAKUS / ANADOLU AGENCY / AFP)

WhatsApp avait repoussé l'échéance pour faire redescendre la pression, mais à partir du samedi 15 mai, il ne sera plus question pour les utilisateurs de l'application d'échapper à la nouvelle mise à jour, qui devait initialement être installée avant le 8 février. En janvier, un déluge de critiques, liées au changement du périmètre des données issues de WhatsApp qui seront partagées avec sa maison-mère Facebook, avait fait reculer la messagerie. Explications.

Que se passe-t-il à partir du 15 mai ?

A partir du 15 mai, en téléchargeant la mise à jour de WhatsApp, les utilisateurs accepteront que leurs données personnelles soient recueillies par l'application. Si l'usager refuse cette mise à jour, son compte sera suspendu. Il ne sera toutefois pas supprimé : vous pourrez retrouver votre compte et vos conversations en l'état une fois le nouveau règlement validé.

Si vous ne souhaitez pas installer la mise à jour, "vous ne pourrez pas accéder à votre liste de discussions, mais vous aurez toujours la possibilité de répondre aux appels téléphoniques et vidéo entrants. Si vous avez activé les notifications, vous pourrez appuyer dessus pour lire ou répondre à un message", explique WhatsApp sur son site.

L'application affichera par ailleurs un rappel pour que vous acceptiez les nouvelles conditions d'utilisation qui "finira par devenir récurrent (...) après une période de plusieurs semaines". A l'issue de cette période de "fonctionnement limité", "WhatsApp cessera d'envoyer des messages et des appels sur votre téléphone".

Qu'est-ce qui change pour les utilisateurs ?

La nouvelle réglementation prévoit de partager plus de données d'utilisateurs avec Facebook, la maison-mère de la messagerie instantanée. La manœuvre vise à rentabiliser le service de messagerie, qui ne génère pratiquement aucun revenu, comme l'explique Le Monde. Depuis le rachat de WhatsApp par Facebook en 2014, pour 19 milliards de dollars, l'application n'a pas changé significativement son modèle économique.

Dans les faits, le seul changement concernera "l'envoi de messages à une entreprise" : si vous communiquez sur WhatsApp avec une société, le contenu de ces échanges, ainsi que vos éventuels achats, pourra être utilisé, notamment pour personnaliser des publicités sur Facebook ou Instagram. Déjà en 2017, Jan Koum, l'un des fondateurs de WhatsApp, expliquait que "cela pourrait servir à communiquer avec votre banque pour savoir si une transaction récente était frauduleuse, ou avec une compagnie aérienne au sujet d'un vol retardé", comme le rapporte Forbes (en anglais).

En revanche, Facebook ne pourra pas lire le contenu des messages échangés entre les correspondants, ni accéder à l'historique ou à la localisation, car ceux-ci sont chiffrés de bout en bout. Un accord sera par ailleurs toujours demandé aux utilisateurs pour partager leur numéro à une entreprise. La direction de Facebook précise encore qu'il n'y aura pas de ciblage publicitaire, en tout cas pour les communications entre particuliers. Il faut noter que depuis 2016, WhatsApp partage déjà de nombreuses informations avec Facebook, comme le numéro de téléphone, le temps d'usage de l'application ou encore l'appareil utilisé.

Qui est concerné par cette mise à jour ?

Tous les utilisateurs de l'application. Mais pour l'heure, au sein de l'Union européenne, le message d'information reçu par les usagers montre une évolution plus légère que celle prévue en Afrique, en Asie et en Amérique. Car le règlement général sur la protection des données, entré en vigueur en mai 2018, stipule que "la collecte des données des citoyens européens dans un cadre strict exclut une réutilisation commerciale".

La notification précise que "les mises à jour clés" portent uniquement sur "le service WhatsApp et la manière dont nous traitons vos données" ainsi que "la manière dont les entreprises peuvent utiliser les services hébergés par Facebook pour stocker et gérer leurs conversations WhatsApp". La mise à jour concerne principalement les communications entre particuliers et entreprises via WhatsApp Business, une version qui propose des fonctionnalités supplémentaires adaptées aux besoins des entreprises.

Comment faire pour quitter WhatsApp ?

Si vous ne souhaitez plus utiliser WhatsApp, vous pouvez supprimer votre compte en suivant la procédure décrite sur le site de WhatsApp. Attention, ce processus est définitif. A la place, vous pouvez vous tourner vers d'autres messageries comme Telegram ou Signal. Lancée en 2014, cette dernière est considérée par les spécialistes comme l'une des applications de messagerie les plus sécurisées du marché grâce notamment à sa capacité de chiffrer de bout en bout messages ou appels audio et vidéo. 

Elle est vite devenue populaire parmi les lanceurs d'alertes et les journalistes, notamment grâce au soutien public d'Edward Snowden. En février, la Commission européenne l'a même recommandée à ses équipes, en particulier pour sécuriser les échanges avec des personnes extérieures à l'organisation. Pour mieux conquérir ses nouveaux utilisateurs, Signal a publié un tutoriel (en anglais) pour les aider à importer facilement leurs conversations de groupe depuis une autre application de messagerie.

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