Agression d'une enseignante en Seine-et-Marne : "Rien n'est fait" par le ministère "pour améliorer les choses", dénonce le SNUEP-FSU

Trois élèves lycéens de Seine-et-Marne sont en garde à vue depuis lundi 11 octobre après l'agression d'une enseignante. Les syndicats dénoncent une situation très tendue dans les lycées professionnels notamment.

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Radio France
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Un professeur devant ses élèves. Photo d'illustration. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"Quand un collègue subit une agression, c'est toute la communauté éducative et tous les professeurs de lycées professionnels qui ressentent une forme de colère", a réagi sur franceinfo mardi 12 octobre Sigrid Gérardin, secrétaire générale du syndicat national unitaire de l’enseignement professionnel, le SNUEP-FSU. Trois élèves d'un lycée professionnel de Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, sont en garde à vue depuis lundi 11 octobre. Une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux montre une enseignante se faire violemment projeter au sol en essayant d'empêcher un élève de sortir de sa salle. Elle a porté plainte.

franceinfo : Qu'avez-vous ressenti en voyant cette vidéo sur Internet et dans les médias ?

Sigrid Gérardin : Nous avons été extrêmement choqués. Quand un collègue subit une agression, c'est toute la communauté éducative et tous les professeurs de lycées professionnels qui ressentent une forme de colère, mais aussi une forme de ressentiment. On alerte depuis très longtemps sur les difficultés qu'on vit en lycée professionnel. Beaucoup d'incivilités, parfois des menaces verbales. Les agressions physiques ne sont pas massives, mais ce fait n'est malheureusement pas isolé. Quand on alerte sur nos difficultés, c'est un petit peu mis sous le tapis par notre hiérarchie.

Est-ce qu'il y a un problème particulier avec les lycées professionnels ? Ce type de comportement est-il de plus en plus fréquent ?

Ce type de comportement existe, il est plus fréquent dans les lycées professionnels que dans les lycées généraux et technologiques. Il y a une enquête Sivis qui sort tous les ans, qui montre que les faits d'agressions et de menaces sont fortement présents en lycée professionnel. Ces faits sont connus par le ministère, pourtant, rien n'est fait pour améliorer les choses. On aurait besoin de plus d'adultes dans les établissements. On a un public plus difficile, qui concentre des difficultés économiques, sociales. Or, le bilan du ministre est assez catastrophique : 1 000 postes supprimés sur le quinquennat.

Le gouvernement a mis les moyens sur le CP et le CE1, mais moins de moyens dans le secondaire, ce qui a comme conséquences des situations comme celle-ci ?

Oui, nous n'avons pas d'équipe pluriprofessionnelle au complet, avec des CPE des AED [assistants d'éducation], des assistantes sociales, des infirmières. Alors que nous sommes face à des élèves plus compliqués que d'autres. L'école n'est pas étanche de ce qui se passe dans la société.

La vidéo s'est propagée à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, il y a cette appétence pour le clash et le choc ?

C'est un véritable problème, mais c'est un peu contradictoire. Car si cette vidéo n'existait pas, ce n'est pas sûr que le rectorat ait réagi aussi rapidement pour proposer la protection fonctionnelle à la collègue et évincer l'élève. Mais nous sommes intervenus très rapidement pour que la vidéo soit retirée, pour respecter l'intégrité et la vie personnelle de cette collègue.

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