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Garde alternée : trois graphiques pour comprendre qui est concerné

En 2010, un enfant de parents séparés sur six vivait en garde alternée, un an après le divorce, selon une étude de l'Insee publiée mercredi 4 février. Francetv info revient sur cette tendance en trois graphes.

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1 enfant sur 6 vit en gardent alternée un an après le divorce de ses parents selon une étude de l'Insee publiée le 4 février 2015. (P. BROZE / PHOTONONSTOP / AFP)

Pour eux, la séparation des parents n'implique pas de s'éloigner géographiquement de l'un d'entre eux. Aujourd'hui, 15% des enfants mineurs dont les parents ont divorcé, ou qui ont rompu leur Pacs, vivent en garde alternée entre leur père et leur mère, selon une étude publiée par l'Insee mercredi 4 février.

La tradition et les habitudes perdurent, indique l'étude : les enfants de couples séparés habitent encore largement au domicile de leur mère (76%). Plus rare, un enfant sur dix vit désormais au domicile paternel. Néanmoins, l'étude montre que le recours à la garde alternée a presque doublé depuis 2003.   

Francetv info revient en trois graphiques sur le profil de ces familles séparées.

Souvent des familles aisées... 

Qui dit deux foyers dit deux fois plus d'équipement pour accueillir l'enfant. Une chambre en plus, un lit, une armoire et ses collections de vêtements... Des dépenses que tous les parents ne peuvent pas forcément assumer. Ainsi, la garde partagée concerne plus particulièrement les familles les plus aisées, comme le montre ce graphique ou le décile 1 correspond aux 10% des parents les moins aisés et le décile 10 aux 10% les plus aisés. 

Les barrières psychologiques peuvent aussi expliquer ce phénomène. "Il est également possible que demander une garde alternée, solution qui va à l’encontre de la norme, soit moins naturel pour les parents moins aisés", précise l'Insee. D'autant plus que seules 12% des femmes ayant un ou des enfants en garde alternée perçoivent une pension alimentaire, la justice considérant que les frais sont partagés entre les deux parents.

... plutôt des petites fratries...

Pour les fratries de deux enfants, la garde alternée atteint 17%. Après quoi, la part d'enfants vivant en garde alternée décroît d'autant plus que la famille est nombreuse. 

La garde alternée apparaît plus fréquente pour les enfants en école maternelle ou primaire. Assez rare au collège ou encore plus au lycée, âge où les adolescents peuvent avoir davantage d'autonomie dans le choix de leur résidence. "Ils ont par ailleurs parfois des contraintes géographiques liées à leur lieu d’études qui peuvent les conduire à privilégier l’un des domiciles parentaux", ajoute l'étude. Ainsi, parmi les enfants de divorcés de 16 ans, un sur cinq vit au domicile de son père un an après le séparation. 

... et originaires de l'Aveyron, du Finistère ou de Haute-Savoie

La garde alternée n'est pas adoptée de la même manière dans toute la France. Elle concerne plus particulièrement les familles de l'Aveyron, du Finistère ou de Haute-Savoie tandis qu'elle est beaucoup plus rare dans le Nord de la France, dans l'Aisne, les Ardennes, la Haute-Marne ou encore en Haute-Corse.

Ces décalages pourraient s'expliquer par le contexte socio-économique et le marché de l'immobilier dans certains départements, augmentant les dépenses nécessaires à l'accueil de l'enfant. L'Insee suggère également une conséquence des décisions de certains tribunaux. "Certains juges sont plus stricts que d'autres sur les conditions de logement, de revenu", explique au Parisien Anne Solaz, chercheuse à l'Ined.

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