Ziad Takieddine a pour la première fois reconnu son rôle d'intermédiaire avec le Pakistan.

Selon le Journal du dimanche, l"intermédiaire en armement a admis devant les juges avoir perçu une commission en marge de contrats signés avec le Pakistan.

Ziad Takieddine
Ziad Takieddine (AFP PHOTO THOMAS SAMSON)

Selon le Journal du dimanche, l"intermédiaire en armement a admis devant les juges avoir perçu une commission en marge de contrats signés avec le Pakistan.

Ziad Takeddine a été interrogé à plusieurs reprises par les juges d'instruction chargés du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi perpétré le 8 mai 2002. L"attentat avait fait 15 morts, dont 11 salariés français de la Direction des Constructions Navales. Les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire cherchent à savoir si des commissions, versées en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan et l'Arabie saoudite ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Mis en examen le 14 septembre pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux", Ziad Takieddine avait déjà reconnu avoir travaillé à la conclusion du contrat Sawari II avec l"Arabie saoudite. Le 19 octobre, lors de sa dernière audition, Ziad Takieddine a franchi un pas de plus en admettant avoir perçu 30 millions de francs de commissions en marge de contrats conclus avec le Pakistan, selon les informations du JDD.

Dans une audition précédente, le 5 octobre, M. Takieddine revient sur les conditions de la signature du contrat Sawari II avec l'Arabie saoudite en réitérant ses accusations contre Jacques Chirac et de Dominique de Villepin qui seraient selon lui intervenus dans deux contrats d'armement avec l'Arabie saoudite, dont Sawari II. Ces derniers ont déjà démenti, par la voix de leurs avocats.

Deux sociétés, Rabor et Estar, devaient toucher des commissions lors de ce contrat, elles ont été bloquées par M. Chirac lors de son élection en 1995, selon le JDD. "En remplacement des sociétés Rabor et Estar dont les contrats ont été détruits, il y a eu trois destinataires", selon des extraits de procès verbal d'audition de M. Takieddine cités par le JDD. "Une partie a bénéficié à une société qui représente M. Chirac. Une autre partie a bénéficié à une société qui représente M. Villepin. La troisième société est celle de M. Djouhri qui chapeaute les trois sociétés".

A nouveau interrogé le 12 octobre, M. Takieddine affirme disposer de preuves et met en cause "un homme d'affaires d'origine yéménite" et "un groupe à Genève géré par Wahid N" en lien, selon lui, avec M. Djouhri. M. Djouhri, 52 ans, est au coeur du livre de Pierre Péan "La République des mallettes" qui le décrit "en pivot d'un tourbillon de ventes d'armement, de commissions, d'intercessions" dans plusieurs affaires d'Etat.