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Sixième disparition à Bordeaux, et autant de théories

Un jeune homme a disparu près de la Garonne lors de la Fête de la musique. Seul son sac a été retrouvé sur un quai. Selon "Sud Ouest", des témoins ont aperçu un homme qui se débattait dans l'eau.

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France Télévisions
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La victime a disparu à proximité du pont de pierre, à Bordeaux. (JACQUES LOIC / PHOTONONSTOP / AFP)

Une nouvelle victime de noyade dans la Garonne à Bordeaux ? Un jeune homme a disparu, dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 juin, durant la soirée de la Fête de la musique. Seul un sac a été retrouvé sur un quai bordant le fleuve. Selon le quotidien Sud Ouest, plusieurs passants ont aperçu, vers 2 heures du matin, un homme qui se débattait dans l'eau. 

Ce nouveau fait divers en rappelle d'autres : depuis un an, cinq jeunes ont été retrouvés noyés dans le fleuve après une soirée arrosée. Le corps de la dernière victime, Julien Teyssier, 25 ans, avait été retrouvé le 9 mai dans la Garonne. Cette série noire a donné lieu à plusieurs théories et rumeurs.

• Des accidents liés à une alcoolisation massive : crédibilité haute

La thèse la plus crédible dans cette série macabre est celle des autorités : ces jeunes hommes auraient été victimes de chutes accidentelles provoquées par une alcoolisation massive. Canaliser ces excès "est plus compliqué à Bordeaux qu’ailleurs, en raison de la proximité avec la frontière espagnole, où l’alcool est détaxé", fait valoir la préfecture dans Libération.

Dans la ville, où le sujet est devenu très sensible, les épiceries de nuit doivent désormais fermer dès 22 heures à la suite d'un arrêté préfectoral, pris en mai. Objectif : éviter la vente d'alcool à emporter... sur les quais.

Aucune mesure n'a été prise pour l'instant pour la huitième édition de "Bordeaux fête le vin", qui a lieu du 28 juin au 1er juillet. Cet événement, consacré à la dégustation de vins de Bordeaux et d'Aquitaine, doit attirer plus de 500 000 personnes sur les bords de la Garonne.

Pour la Fête de  la musique, traditionnellement alcoolisée, un important dispositif policier avait pourtant été déployé. Mais il est impossible, pour le moment, de surveiller les centaines de mètres de berges du fleuve. Un fleuve qui, selon tous les spécialistes, est traversé de forts courants et de tourbillons, qui peuvent être fatals à un nageur non aguerri, surtout en pleine nuit.

• Un "serial pousseur" à Bordeaux, voire à Lille : crédibilité moyenne

Cette hypothèse est évoquée par Victor Gioia, l’avocat de la famille de Vincent Zecca, un étudiant de 19 ans dont le corps a été retrouvé dans la Garonne fin mars, après une soirée arrosée au début du mois. Sa famille a déposé une plainte pour homicide volontaire. "Pourquoi écarte-t-on d’emblée la thèse d’un serial pousseur ?", s'interroge l'avocat dans Libération.

Une version qui pourrait être accréditée par la disparition de cinq jeunes hommes à Lille entre septembre 2009 et septembre 2011, retrouvés noyés dans la Deûle. A Nantes, deux étudiants ont également disparu en décembre 2010 à la sortie d'une boîte de nuit. Leurs corps ont été retrouvés dans la Loire début 2001. Mais là encore, la thèse de l'alcoolisation est privilégiée, et les enquêteurs n'ont aucun élément pour accréditer la piste d'un tueur en série. 

• Un trafic d'organes : crédibilité nulle

La rumeur d’un trafic d’organes avec des pays de l’Est a aussi circulé, notamment après la disparition de Vincent Zecca. A tel point que dans certains collèges et lycées, "des professeurs ont suspendu le cours de la classe afin d'apaiser les esprits et ramener un peu de mesure", raconte Sud Ouest.

Le parquet a également dû organiser une conférence de presse pour assurer que les cinq corps retrouvés ne portaient aucune cicatrice... 

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