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Un rapport sur l'avenir de la filière nucléaire française "a été classifié secret défense", a confirmé vendredi l'Elysée

"Il donnera lieu à des décisions dans les semaines qui suivent", ont indiqué les services de Nicolas Sarkozy. Rédigé par l'ex-président d'EDF François Roussely, il doit donner des pistes sur "l'évolution du nucléaire civil à l'horizon 2030".
Article rédigé par France2.fr
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Dans l'enceinte de confinement de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes) (AFP - FRANCOIS NASCIMBENI)

"Il donnera lieu à des décisions dans les semaines qui suivent", ont indiqué les services de Nicolas Sarkozy. Rédigé par l'ex-président d'EDF François Roussely, il doit donner des pistes sur "l'évolution du nucléaire civil à l'horizon 2030".

Pour le réseai associatif "Sortir du nucléaire", la classification sert "à cacher le dangereux délabrement du nucléaire français".

Les pouvoirs publics entendent éviter que ne se reproduise le cuisant échec de l'appel d'offres d'Abou Dhabi en décembre dernier. Areva, EDF, GDF Suez et Total s'étaient fait alors souffler par les Coréens du Sud un contrat de 20 milliards de dollars pour construire quatre réacteurs, dans un contexte de fortes dissensions internes.

Initialement, il était prévu que seule une partie du rapport, notamment celle consacrée aux "enjeux civilo-militaires" du nucléaire, soit classifiée secret-défense. Mais, selon Le Point, le chef de l'Etat aurait voulu "éviter toute fuite avant d'avoir pu lire le rapport complet".

Que contient le rapport ?
Selon Les Echos, le rapport proposerait de créer un groupement d'intérêt économique (GIE) regroupant les grands acteurs de l'industrie nucléaire française. Lequel GIE serait chargé de "défendre les couleurs de la France à l'étranger".

François Roussely et les experts qui l'épaulent ont auditionné quelque 200 personnes.
La publication de son rapport était initialement attendue pour fin avril.

L'Etat va "mettre de l'ordre" dans la filière, avait promis Nicolas Sarkozy mi-mars. "Au minimum, il faut que la filière s'organise pour que les équipes de France ne se fassent pas concurrence de façon contre-productive", avait-il jugé.

L'industrie nucléaire française a laissé éclater ses querelles au grand jour en début d'année, quand Areva et EDF se sont écharpés sur des contrats de recyclage et d'enrichissement d'uranium. A tel point que le Premier ministre François Fillon avait dû intervenir en convoquant à Matignon les deux dirigeants de ces groupes publics, Anne Lauvergeon (Areva) et Henri Proglio (EDF).

La guerre du nucléaire avait été ravivée en novembre par la volonté de Henri Proglio, de faire d'Electricité de France le "leader" de la filière.

La conclusion d'un traité de paix entre les belligérants, ou tout au moins d'un armistice, est essentiel pour le secteur du nucléaire français, longtemps leader mondial. Au niveau mondial, les perspectives sont florissantes: quelque 500 réacteurs nucléaires pourraient être mis en service dans le monde d'ici à 2030, un marché de plusieurs centaines de milliards d'euros.

Anne Lauvergeon resterait à la tête d'Areva
La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon, devrait rester à la tête du groupe nucléaire public jusqu'à la fin de son mandat à l'été 2011, selon le quotidien économique Les Echos qui cite une source gouvernementale anonyme. Des rumeurs d'éviction circulent depuis le début de l'année, notamment en raison des dissensions dans le secteur nucléaire français et du revers subi à Abou Dhabi. Pour l'instant, l'Elysée refuse de commenter l'information.

Anne Lauvergeon a été nommée pour la première fois à la présidence du directoire d'Areva en juillet 2001 pendant la période de cohabitation entre le gouvernement de Lionel Jospin et le président Jacques Chirac. Son mandat, renouvelé en juillet 2006 et expire dans 14 mois.

Selon Reuters, le modèle intégré du groupe nucléaire ne semble pas remis en cause à ce stade. Des rumeurs de scission d'Areva circulent régulièrement.

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