Un premier pas vers l'unité syndicale

Six des huit organisations syndicales ont annoncé mardi appeller à une mobilisation nationale le 7 octobre prochain

Bernard Thibault brigue un quatrième mandat à la tête de la CGT. L\'élection aura lieu en décembre.
Bernard Thibault brigue un quatrième mandat à la tête de la CGT. L'élection aura lieu en décembre. (© France 2)
Six des huit organisations syndicales ont annoncé mardi appeller à une mobilisation nationale le 7 octobre prochainSix des huit organisations syndicales ont annoncé mardi appeller à une mobilisation nationale le 7 octobre prochain

L'objectif de la réunion était annoncée : tenter de se mettre d'accord sur une action commune dans le prolongement des manifestations du printemps.

C'est fait. La CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, Solidaires et l'Unsa ont dit oui. Manquent à l'appel Force ouvrière et la CFTC, absents des discussions du jour.

Les deux confédérations syndicales rejoindront-elles leurs homologues le 7 octobre ? Rien n'est moins sûr en dépit d'une rentrée que tous annoncent "brutale". Avant la réunion de mardi, Jean-Claude Mailly a précisé que son syndicat avait prévu un colloque-débat avec des syndicalistes étrangers ce jour-là. Ce n'est pas un secret, après le 13 juin, M. Mailly avait pris ces distances avec les manifestations intersyndicales plaidant en revanche pour une grève générale.

Des analyses parfois dissonantes


Ce n'est pas un scoop, les leaders syndicaux ne partagent pas les mêmes point de vues. L'interview parallèle de Bernard Thibault et François Chérèque publiée mardi dans Libération, un entretien croisé aurait froissé leurs militants, permet de de mieux cerner leurs différences.

Fustigeant les délocalisations, Bernard Thibault reprochent à certains groupes d'avoir pris prétexte de la crise, pour restrucutrer. Il plaide pour une défense de l'emploi industriel en France.

Pour François Chérèque, les délocalisations ne sont pas seules en cause. Le non renouvellement des CDD et des misssions d'interim expliquent aussi largement la hausse du chômage. Il propose de se concentrer sur les produits à haute valeur ajoutrée et d'investir dans l'industrie soulignant que la relance de la consommation ne suffira pas à la reprise de l'activité.

Sur le grand emprunt comme sur la taxe carbone, M. Thibault est franchement rétif, convaincu qu'au bout du compte ce sont les contribuables qui payeront, ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'aller au travail en voiture ou de se chauffer au fuel. Parlant de "nouvel impôt", il regrette le manque de réflexion global sur tout ce qui favorise les économies de CO2, notamment le fret ferroviaire. Dans le Journal du Dimanche paru samedi, il déclare que cette nouvelle taxe a été créée "sans discernement" et qu'elle est "incompréhensible".

Sur "contribution climat énergie", Bernard Thibault est en phase avec Force Ouvrière qui demande une réforme globale de la fiscalité pour la rendre plus juste, jugeant le projet inacceptable en l'état. "Si on dit 'on restaure un impôt sur le revenu beaucoup plus juste et après on met aussi une taxe carbone dans le cadre de l'écologie', les gens comprendront beaucoup mieux", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

"Nous réclamons qu'il y ait une grande réforme fiscale, c'est le moment de la faire, y compris pour mettre plus de justice dans notre pays", a-t-il ajouté. "Par contre, on se rend bien compte que la taxe professionnelle, on va la diminuer pour les entreprises, mais à chaque fois ce sont les salariés qui se retrouvent d'une manière ou d'une autre taxés."

La CFDT est elle pour la taxe carbone sous réserve de faire de la pédagogie, de ne pas pénaliser brutalement les salariés "captifs" et de proposer des compensations comme les chèques transports.

Les leçons de la crise

Le plus grave pour le leader cégétiste, c'est la non remise en cause en profondeur du système. "Toutes les conclusions n'ont aps été tirées, loin de là. (...). Face à la crise, opn collectivise les pertes et on privatise lees profits, et on repart comme avant. A l'aupui de se spropos , un récente &tude du Bureau international du trvail qui prédit que, dans les deux prochaines années, plus d'un actif sur deux dans le monde travaillera dans un cadre informel. En clair, sans droit, nui protection sociale.

François Chérèque se veut un plus optimiste ebn s'attachant aux trois directions à prendre pour ne plus revivre une telle situation : instaurer des régultaions dans nos systèmes économique et fianciers, mettre en place un nouveau mode de production, renforcer le poids et le rôle du syndicalisme.

La reprise n'est pas au programme La hausse du chômage s'est poursuivie au deuxième trimestre 2009 pour atteindre 9,1% de la population active

Avec une augmentation de 0,7 point au 1er trimestre et 0,6 point au second trimestre selon l'Insee, le taux des sans emploi est remonté au niveau atteint début 2006. La France, passée sous les 2 millions de chômeurs début 2008, comptait près de 2,6 millions de chômeurs au deuxième trimestre.

Parallèlement, l'Insee a noté un nombre croissant de salariés placés en chômage partiel (319.000 au 2ème trimestre), un niveau "équivalent à 1993" ce qui a poussé le gouvernement a relevé, par arrêté, le nombre d'heures de chômage partiel autorisé.

Désormais et jusqu'à nouvel ordre, tous les secteurs d'activité ont le droit, comme dans la filière automobile, de pratiquer jusqu'à 1.000 heures de chômage partiel sur l'année (soit plus de six mois. Cette mesure qui a un coût non négligeable pour l'Etat, permet de maintenir le contrat de travail au prix d'une perte de revenu pour le salarié. Seulement une douzaine de branches ont signé début août (ou étaient en passe de le faire) une convention avec l'Etat permettant le maintien de 75% du salaire brut en cas de chômage partiel, selon une source gouvernementale.

Pas d'embellie pour les fêtes de fin d'année

La tendance à la dégradation du marché du travail devrait encore se poursuivre quelques trimestres selon le gouvernement et l'Insee qui prévoient pour Noël, un taux de chômage supérieur à 10%, comme en 1999 avant les lois sur les 35 heures.

Tôt ou tard, le chômage devrait peser sur la consommation des ménages, principal moteur de l'économie française et sur leur moral. Selon un sondage TNS/Sofres, réalisé fin août, l'évolution du chômage et les plans sociaux sont la première préoccupation des ménages, devant la grippe et la taxe carbone.