L'homme qui s'est jeté dans la Seine pour fuir un contrôle d'identité est mort noyé

Le drame est survenu dans la nuit, au moment où des agents procédaient à un contrôle d'identité sur un groupe de plusieurs personnes, à Melun. L'autopsie du jeune homme n'a pas révélé de traces de violence. 

Un contrôle de police, le 28 janvier 2012, à Saint-Aygulf (Var).
Un contrôle de police, le 28 janvier 2012, à Saint-Aygulf (Var). (ARNASSAN / NICE MATIN / MAXPPP)

Est-ce parce qu'il portait du cannabis sur lui, comme l'affirme la police, qu'un jeune homme de 24 ans s'est rué dans la Seine, y perdant la vie ? Appelée par la police municipale, la police nationale contrôlait à Melun (Seine-et-Marne) un groupe de 4 ou 5 jeunes soupçonnés de consommation de stupéfiants dans la nuit de lundi à mardi 5 juin, selon une source judiciaire, lorsque l'un d'eux s'est jeté dans le fleuve.

Une mort par noyade 

L'autopsie du jeune homme a confirmé mardi "une asphyxie par noyade". Selon une source judiciaire, "il n'y a aucune trace suspecte sur le corps de la victime" et  "les analyses toxicologiques et alcoologiques sont en cours". Leurs résultats seront connus dans 48H.

Selon les premiers éléments de l'enquête, "la police nationale, appelée par la police municipale dans le cadre de sa surveillance, contrôlait un groupe de quatre jeunes soupçonnés de consommation de stupéfiants et d'alcool. Le jeune homme a décidé de sauter dans la Seine au moment où les policiers lui demandaient de les suivre, après avoir retrouvé une petite quantité de cannabis", a-t-on expliqué de source judiciaire.

Un policier et deux amis du jeune homme, voyant qu'il perdait pied, ont à leur tour sauté pour tenter de le sauver. Ils ont réussi à le sortir mais pas à le réanimer. Arrivés sur place vers 1 heure, les pompiers n'ont pu que constater le décès. Une autopsie doit déterminer les causes de la mort. La police estime qu'il a pu se noyer sous l'effet conjugué de la drogue et de l'alcool qu'il pourrait avoir consommé.

En plein débat sur les contrôles de police

Le jeune homme était connu des services de police pour des faits de violence et de vol. Il vivait dans la cité de la Plaine du Lys, à Dammarie-Lès-Lys, une ville voisine de Melun. Selon la police, il n'y a pas eu de violence dans cette ville dans la nuit de lundi à mardi, ce qui a été confirmé par l'autopsie. La préfecture a immédiatement dépêché 40 CRS pour sécuriser le quartier et empêcher tout débordement.

Le sujet des contrôles de police en banlieue est très sensible. Des associations de défense des droits de l'homme estiment qu'ils sont souvent effectués sur une base raciste, ce que nient les syndicats de police. Le gouvernement cherche à introduire une procédure existant dans certains pays étrangers consistant à remettre aux personnes qui font l'objet d'un contrôle d'identité un récépissé écrit, censé garantir la régularité de la procédure. Les syndicats de police estiment que cette méthode entraverait leur travail. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a promis des discussions préalables.