UMP : le livre qui accuse Jean-François Copé d'avoir truqué son élection

Dans "Le coup monté", les journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon estiment que l'actuel président du parti a été élu grâce à "une manipulation".

Jean-François Copé, lors d\'une conférence de presse au siège de l\'UMP, à Paris, le 12 décembre 2012.
Jean-François Copé, lors d'une conférence de presse au siège de l'UMP, à Paris, le 12 décembre 2012. (SIPA)

Pour Jean-François Copé, l'orage n'est pas encore totalement passé. Certes, quatre mois après la bataille intestine qui l'a opposé à François Fillon, le député-maire de Meaux est bel et bien le président de l'UMP. Mais dans un nouveau livre publié jeudi 28 mars*, de nouveaux éléments l'accusent d'avoir "monté de toutes pièces" son élection lors du vote des militants, le 18 novembre 2012.

Pour les auteurs Bruno Jeudy, rédacteur en chef au JDD, et Carole Barjon, journaliste politique au Nouvel Observateur, "l'oubli" des résultats des fédérations de Nouvelle-Calédonie, Mayotte et Wallis-et-Futuna – qui donnaient 26 voix d'avance à François Fillon, et non plus 98 voix d'avance à Jean-François Copé – n'est pas "une erreur matérielle", comme l'affirme Copé, mais relève d'"une manipulation". "On ne m'enlèvera pas de l'idée que c'est un coup monté", explique de but en blanc le président de la commission électorale de l'UMP (Cocoe), le juriste Patrice Gélard. Un aveu tellement lourd que l'intéressé nie aujourd'hui avoir tenu ces propos, pourtant "intégralement maintenus" par ceux qui les ont recueillis.

Des pressions exercées par le camp Copé

Pourquoi, alors que Patrice Gélard s'était aperçu que les résultats donnaient la victoire à François Fillon, a-t-il confirmé la victoire de Jean-François Copé ? "Je ne pouvais pas faire un coup de théâtre devant le bureau politique et je pensais qu'un arrangement à l'amiable interviendrait entre Copé et Fillon, compte tenu que c'était de toute façon très serré", explique-t-il à Bruno Jeudy et Carole Barjon. "Gélard est un pétochard", constate avec effarement l'ancien président de l'UMP, Alain Juppé, en se demandant "s'il a couvert sciemment ou s'il a été instrumentalisé". A-t-il subi des pressions ? Sur BFMTV, Patrice Gélard explique qu'il ne veut pas répondre à la question car "cela nécessiterait la mise en cause d'un certain nombre de personnes"…

Qui se cache derrière cette manipulation ? Dans Le Coup monté, Gélard lâche les noms de Jérôme Lavrilleux et Eric Césari, respectivement directeur de cabinet de Jean-François Copé et directeur général de l'UMP. Et le sénateur de préciser sa pensée en soulignant que les deux hommes sont "tous deux dévoués à leur chef Copé auquel ils obéissent". Une mise en cause implicite de l'actuel président de l'UMP.

Copé : "Un baroud d'honneur de journalistes très engagés"

Face à ces accusations, Jean-François Copé reproche à Bruno Jeudy et Carole Barjon d'être des "journalistes très engagés" réalisant un "baroud d'honneur". Soulignant qu'il y a eu "des griefs de part et d'autre", côté fillonistes et côté copéistes, le député-maire de Meaux ajoute que "[son] objectif est de rassembler". "La page est tournée", assure-t-il.

Quant à François Fillon, il affirme qu'il n'y a "rien de nouveau" dans cet ouvrage : "C'est ce que j'ai toujours dit. Le résultat de cette élection me donnait une très courte victoire", et "il a été inversé dans des conditions inacceptables".

*Le coup monté, par Bruno Jeudy et Carole Berjon (éd. Plon), 14 euros.