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UMP : Copé ou la dangereuse stratégie du bunker

En refusant une médiation d'Alain Juppé, exigée par François Fillon, Jean-François Copé est en train de perdre un peu plus de légitimité à la tête de l'UMP. 

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France Télévisions
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Jean-François Copé, le président de l'UMP, s'apprête à donner une conférence de presse au siège du parti, à Paris, le 21 novembre 2012.  ( MAXPPP)

PRESIDENCE DE L'UMP – Il est coincé, et il le sait. Deux jours seulement après la proclamation de sa victoire à l'élection pour la présidence de l'UMP, voilà Jean-François Copé mis au pied du mur par son rival. Alors que François Fillon semblait avoir reconnu bien malgré lui sa défaite – "on a été volé", a-t-il déploré mardi en privé –, l'ancien Premier ministre a finalement considéré que l'affront – le "mensonge", a-t-il dit mercredi – était trop grand. 

Deux jours après son élection avec 50,03% des voix, Jean-François Copé se retrouve obligé de se justifier. A-t-il été élu en "oubliant" de prendre en compte les votes de trois départements ? Peut-il aspirer à diriger le premier parti de France avec un résultat ainsi faussé ? Surtout, peut-il être le chef de la droite républicaine, avec un score aussi faible et aussi contesté ? François Fillon sait bien que non, et que lui non plus, d'ailleurs. En quoi serait-il plus légitime avec seulement 24 voix de plus que son adversaire, après un improbable recomptage ? C'est pour cette raison que, tout en appelant Jean-François Copé à se mettre en retrait, l'ancien Premier ministre a aussi annoncé qu'il renonçait à présider l'UMP (voir la vidéo).

L'idée du recours à Juppé : le cauchemar de Copé

Une habile stratégie : ce n'est pas parce que Fillon renonce à la présidence de l'UMP qu'il abandonne la place à Jean-François Copé. Au contraire, il a choisi de pousser son rival dans ses retranchements en faisant appel à la médiation d'un troisième homme, d'"une personnalité incontestable"... Alain Juppé. Il est soutenu dans cette voie par 134 parlementaires, dont des anciens ministres comme François Baroin, Eric Woerth, ou encore Jean Leonetti.

Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé, lors d'un meeting à Bordeaux (Gironde), le 3 mai 2012. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Si Copé accepte "l'intérim" juppéiste demandé par Fillon, il doit se mettre sur la touche, et donc concéder son manque de légitimité. S'il refuse, il fragilise l'unité et l'avenir du parti. D'autant que si tel était le cas, François Fillon menace de saisir les tribunaux. Une procédure qui prendrait du temps, et qui ferait exploser le parti une bonne fois pour toutes.

"On ne va pas laisser un imposteur à la tête de la droite"

Mercredi soir, Copé a opposé une fin de non-recevoir à Fillon (voir la vidéo). Lui que l'on disait battu d'avance et qui s'est tant démené pour garder les clés du parti, ne peut accepter si facilement de renoncer. Renoncer au parti serait aussi renoncer à son ambition personnelle : diriger la droite pour, demain, diriger la France. 

Son pari : s'arc-bouter, en espérant que le coup de sang des fillonistes ne soit que passager. Prier pour que, par sagesse, l'ancien Premier ministre et ses partisans finissent par se ranger au nom de la sacro-sainte unité de l'UMP. "C'est mal nous connaître. On ne va pas laisser un menteur, un manipulateur, un imposteur, à la tête de la droite républicaine. On ira jusqu'au bout pour le faire plier. Jusqu'au bout", assure un député proche de François Fillon, joint mercredi soir par francetv info. La guerre d'usure ne fait que commencer. Et l'UMP, dans tout ça ?

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