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Témoignage d'un ancien combattant

Le 6 juin 1944, John "Harry" Kellers avait dix-huit ans lorsqu'il a débarqué à Omaha Beach
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France Télévisions
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Les anciens combattants reviennent en Normandie, 6 juin 2009 (© France 2)
Le 6 juin 1944, John "Harry" Kellers avait dix-huit ans lorsqu'il a débarqué à Omaha BeachLe 6 juin 1944, John "Harry" Kellers avait dix-huit ans lorsqu'il a débarqué à Omaha Beach

Il est de retour 65 ans plus tard ce week-end sur les plages normandes pour y être fait chevalier de la légion d'honneur par le président français Nicolas Sarkozy en présence de Barack Obama.

Une vingtaine d'anciens combattants seront à ses côtés.

Dans sa maison de Patchogue, à Long Island, il se replonge dans ses souvenirs. "J'étais si naïf que je n'avais aucune idée de l'ampleur que cela allait prendre", dit-il.

"Le plus terrifiant, c'est lorsqu'un de mes camarades a été touché à la tête, et sa tête a littéralement explosé. Je ne voyais plus rien d'autre que ce flot rose, rose rougeâtre qui recouvrait nos uniformes. C'est là qu'on a compris que ça allait être sérieux", poursuit-il.

Lorsque les autorités françaises l'ont contacté pour l'informer de l'honneur qui lui serait décerné, John "Harry" Kellers se souvient s'être demandé pourquoi lui. Et puis il a songé que l'accepter serait une manière de rendre hommage à tous ses frères d'armes qui ont débarqué sur les plages normandes.

Lorsqu'il s'est enrôlé à l'âge de dix-sept ans dans la Navy, en juin 1943, il ne s'agissait pas vraiment de patriotisme. Plutôt d'imiter ses amis qui tous rejoignaient les rangs de l'armée. "Les gars s'engageaient, alors on suivait. Aujourd'hui, je pense que j'avais alors la mentalité d'un garçon de douze ans, j'étais si naïf, venant de ma campagne."

Après le Jour J , la péniche de débarquement sur laquelle Kellers servait a continué des mois durant de ravitailler les troupes au sol. Une routine. Enfin presque. Car les plages normandes ont longtemps gardé les traces de la violence des combats. Et les découvertes macabres l'ont profondément marqué, comme ce corps en morceaux, "un pied, une jambe, je m'en souviens distinctement, il devait être roux, très épais. On voyait encore ses cheveux".

Aujourd'hui, l'idée de retourner en France l'enthousiasme. "Je suis si fier, si reconnaissant aussi d'avoir survécu et d'avoir vécu cette expérience." Il se doute pourtant que ce retour n'ira pas sans émotions fortes.

Un de ses camarades de combat y est retourné en 1994, pour le cinquantième anniversaire du débarquement. "Il m'a dit que se retrouver sur cette plage, à l'endroit précis où il avait débarqué, avait été très dur, qu'il avait eu des flash-backs. Pour lui, c'était dramatique. J'espère que je ne vivrai pas cela."

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