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Sur Twitter, l'affrontement sans merci de la TeamCopé et de la TeamFillon

Derrière deux sympathiques appellations - la "Team Copé" et la "Team Fillon" -, les militants des deux camps se lynchent en public.

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France Télévisions
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Jean-François Copé et François Fillon assistent à une réunion des cadres de l'UMP, le 26 mai 2012 à Paris. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

SUCCESSION A L'UMP - Jean-François Copé répète qu'il "déteste les petites phrases". François Fillon, lui, assure qu' chaque fois que quelqu'un attaque un candidat ou son entourage, c'est une faute." Et les deux de jurer en chœur que primoleur bataille pour la présidence de l'UMP n'est pas "une guerre" et que, secundo, la campagne qu'ils mènent sera "respectueuse" et "exemplaire".

Difficile à croire lorsqu'on parcourt "l'internet de droite", où la bataille entre fillonistes et copéistes a viré au cours de l'été au lynchage numérique. Sur Twitter – un peu à la manière des fans de Jacob et d'Edward, les meilleurs ennemis de la saga Twilight –, les supporters des meilleurs ennemis de l'UMP se sont réunis sous deux appellations, "@Team_Copé"  et "@TeamFillon". Et entre les deux camps, tous les coups sont permis.

"Des méthodes de barbouze"

Au début de l'été, la transformation en @TeamFillon du compte @NS2012, très influent au cours de la campagne présidentielle, a lancé les hostilités. Les militants pro-Copé y ont vu une honteuse manipulation, et une première provocation du camp adverse.

Rebelote lorsque les comptes ironiques @MdameMichu et @MadameLenvie, qui ont fédéré plusieurs milliers d'internautes de droite après l'élection de François Hollande, ont eux aussi basculé en faveur de la "teamFillon". Suscitant, là encore, la colère des militants de la "teamCopé", comme Patrick D'Agostino :

 

 (CAPTURE FTVI)

Depuis, pro-Fillon et pro-Copé n'ont eu de cesse de se défier par tweets interposés. Le paroxysme a été atteint le 27 août, lorsqu'un faux compte intitulé "@Team__Cope" a ironisé sur la blessure de l'ancien Premier ministre dans un accident de scooter : "Notre mouvement a besoin de se rassembler autour d'un homme fort, pas d'une jambe cassée." Aussitôt, la "teamFillon" a crié au dérapage et demandé des excuses de l'entourage de Copé. La "teamCopé", elle, a juré qu'elle n'y était pour rien, et émis l'idée qu'un pro-Fillon ait créé ce compte "pour se victimiser". Depuis, le compte @Team__Cope a été suspendu, mais la tension n'est pas retombée.

Jeune secrétaire national de l'UMP, David-Xavier Weiss fait partie des "twittos" anti-Fillon les plus actifs. Pour prouver qu'on ne pouvait pas faire confiance à François Fillon et à son équipe, ce soutien de Jean-François Copé n'a pas hésité à publier une lettre d'avril 2009 dans laquelle Valérie Pécresse s'engageait à l'inscrire en cinquième position de la liste UMP aux régionales dans les Hauts-de-Seine. Une promesse non tenue, selon lui. Et quand Le Canard enchaîné a révélé que Laurent Wauquiez, pro-Fillon, avait envoyé des SMS d'intimidation à l'eurodéputée Françoise Grossetête, pro-Copé, David-Xavier Weiss n'a pas hésité à publier un montage qui laisse croire que cet échange a eu lieu en public, sur Facebook. De quoi provoquer l'ire d'un militant de la "teamFillon", qui dénonce "des méthodes de barbouze".

 

 (CAPTURE FTVI)

Ces quelques exemples ne sont qu'un petit aperçu de la vaste bataille fratricide à laquelle se livrent les militants des deux bords. Les provocations sont permanentes. Et évidemment, chacun accuse l'autre d'avoir commencé le premier.

"Ras la team !"

Face à ces querelles de cour d'école, certains militants font aussi part de leur exaspération. Le blogueur "Sniper de Droite" est de ceux-là. Dans un billet qu'il a intitulé "Ras la team !" et publié sur son site, il dénonce "l'inanité" de la teamCopé et de la teamFillon, et rappelle à qui veut bien l'entendre "le principe mortifère des écuries"

Dans l'entourage de l'ancien Premier ministre et de l'actuel secrétaire général du parti, on ne saurait que trop acquiescer. "Dans la mesure où la campagne vire au duel, les propos sont fatalement plus cristallisés et donc plus vindicatifs. Quand tout le monde va s'apercevoir que ça ne sert à rien de se taper dessus, les débats vont s'apaiser", philosophe le député Lionel Tardy, soutien de François Fillon contacté par FTVi. "Il faut raison garder, abonde son collègue Sébastien Huyghe, soutien de Jean-François Copé. Sur Twitter comme ailleurs, chacun peut faire valoir ses arguments, parfois faire part de ses critiques, mais on ne doit pas oublier que nous faisons partie de la même famille politique. A nous, responsables et élus proches des candidats, de montrer l'exemple."

Car chacun sait que la campagne va être longue. Les militants UMP ne désigneront leur président que les 18 et 25 novembre. Et d'ici là, il ne fait guère de doute que la tension entre Jean-François Copé et François Fillon va encore monter d'un cran. Alors dans les deux camps, on préfère appeler à l'apaisement dès maintenant. De peur, comme le résume le député Tardy, que "cette compétition ne laisse des traces pour l'avenir du parti".

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