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Se désister ou résister ? A chacun sa stratégie d'entre-deux tours

Alors que 46 triangulaires ont émergé du scrutin de dimanche, FTVi revient sur les consignes données par les différentes forces politiques dans la perspective du second tour.  

Article rédigé par franceinfo
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Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, à l'occasion d'une conférence de presse à Paris, le 11 juin 2012.  (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Quelle stratégie adopter entre les deux tours des élections législatives ? Les admis au second tour ont jusqu'à mardi soir pour déposer leur candidature en préfecture. Alors que 46 triangulaires, dont 32 avec le Front national, se préparent, quelles attitudes adoptent les différentes forces politiques à six jours du second tour ? 

FTVi fait le point, lundi 11 juin, sur les stratégies d'entre-deux tours, leurs buts et leurs limites, au lendemain du premier tour des élections législatives.

A l'UMP : en cas de duel PS-FN, le "ni, ni" 

          • En théorie : L'UMP n'a pas donné de consigne à l'issue de son bureau politique extraordinaire. Le parti n'a choisi ni Front national ni front républicain dans les circonscriptions où un candidat de gauche se retrouve seul en lice face à un candidat d'extrême droite. C'est le "ni ni". "Pas question de voter pour le candidat FN, pas question de voter pour le candidat PS, a précisé Jean-François Copé lors d'un point de presse. En cas de triangulaire, nous demandons à la totalité des candidats qui sont en situation de se maintenir de le faire, a par ailleurs déclaré le secrétaire général du parti. Voter au second tour pour le FN, cela va faire passer la gauche, le laxisme en matière de sécurité et le déni de réalité." 

Jean-François Copé donne la ligne de l'UMP pour le 2e tour (Francetv info )

          • En pratique : la situation se révèle plus compliquée dans certaines circonscriptions où la droite craint la victoire du PS. Ainsi, l'UMP Roland Chassain, arrivé troisième dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, a annoncé son retrait du second tour des législatives pour tenir sa"position" qui est "tous contre Michel Vauzelle" (PS). Il laisse le candidat socialiste face à une candidate FN et ouvre ainsi la voie au parti de Marine Le Pen. 

=> L'UMP ne donne pas de consigne de vote en cas de duel gauche-FN 

A gauche : en cas de duel UMP-FN, le désistement  

          • En théorie : A gauche, la consigne est de faire barrage au Front national. Ainsi, dans le cas où la force de gauche (PS, Front de gauche ou Europe Ecologie-Les Verts) n'arrive que troisième dans un contexte de triangulaire, le candidat concerné est appelé à se désister. "J'appelle au désistement républicain de manière claire, contrairement à l'UMP, partout où c'est nécessaire, pour faire barrage au Front national", a annoncé Martine Aubry.

=> Aubry appelle à un front républicain anti-FN

          • En pratique : Sauf que tous ne l'entendent pas de cette oreille. La candidate socialiste Catherine Arkilovitch, arrivée en troisième position dans la 3e circonscription du Vaucluse, a annoncé lundi soir son maintien au second tour en dépit de la consigne officielle. La triangulaire aura donc bien lieu à Carpentras. Elle opposera Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie et nièce de Marine, arrivée en tête au 1er tour avec 34,63% des suffrages, au député UMP sortant Jean-Michel Ferrand (30,03%) et Catherine Arkilovitch (21,98%).

Quand deux forces de gauche s'affrontent : le désistement au profit du plus fort

          • En théorie : Lorsque deux forces de gauche participent au second tour, le candidat qui a obtenu le moins de voix dimanche est invité à retirer sa candidature. C'est le cas du candidat du Front de gauche dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier a lancé lundi un appel clair sur France 2 à voter pour le candidat socialiste Philippe Kemel. Au second tour, il sera opposé à Marine Le Pen. 

Mélenchon appelle à voter pour le candidat socialiste ( Hélène Hug et Chloé Cormery - France 2)

           • Mais en pratique : Autre source d'angoisse pour le PS, le maintien face à Ségolène Royal d'un dissident socialiste, Olivier Falorni, arrivé deuxième au premier tour dans la 1re circonscription de Charente-Maritime (La Rochelle-Ile de Ré). Il a déposé en préfecture lundi sa candidature pour le second tour, refusant de se ranger derrière l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007. 

=> Falorni - Royal : pourquoi tant de haine ? 

 Au Front national : le maintien partout, pas de consigne, mais... 

La présidente du FN, Marine Le Pen, a annoncé lundi matin à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) que ses candidats se maintiendraient dans la totalité des 61 circonscriptions où son parti a accès au second tour. "Le principe est le suivant, a-t-elle expliqué, nous nous maintiendrons évidemment dans toutes les circonscriptions où nous sommes arrivés au second tour." Le parti sera donc à l'affiche dans 32 triangulaires.

Cependant, là où le Front national est absent, le parti a annoncé soutenir, selon les cas, tantôt des candidats de l’UMP, tantôt des candidats du PS, "en tenant compte des personnalités des uns et des autres", a indiqué la présidente du FN. Ainsi, le parti a profité de son bureau politique de lundi après-midi pour dresser la liste noire des candidats à faire battre : y figurent huit personnes, dont  trois anciens ministres. 

=> Marine Le Pen appelle à faire battre huit candidats 

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