"Les étudiants s'appauvrissent plus vite que le reste de la population", déplore la présidente de l'Unef

Le coût de la vie étudiante augmente de 2,83% en cette rentrée 2019, selon l'enquête annuelle du syndicat.

Étudiants à l\'IUT de Belfort-Montbéliard, le 4 septembre 2017
Étudiants à l'IUT de Belfort-Montbéliard, le 4 septembre 2017 (MAXPPP)

"Les étudiants s'appauvrissent plus vite que le reste de la population", a dénoncé la présidente de l'Unef Mélanie Luce, vendredi 16 août sur franceinfo, alors que dans sa traditionnelle enquête estivale sur le coût de la vie étudiante, le syndicat estime à 2,83% la hausse du coût de la vie étudiante pour cette rentrée 2019. "Concrètement, nous avons davantage de salariat étudiant, donc plus d'échecs à l'université, sans compter un recours aux soins qui diminue", a déploré Mélanie Luce, qui pointe les "loyers records dans certaines villes" et les "différences entre les étudiants et les étudiantes".

franceinfo : Que représente concrètement une hausse de 2,83% du coût de la vie pour les étudiants ?

Mélanie Luce : Cela représente des frais importants. Cette hausse est supérieure à l'inflation. Le coût de la vie étudiante augmente plus vite que les prix. Cela signifie que les étudiants s'appauvrissent plus vite que le reste de la population.

Cette hausse est le résultat de deux choses : des dépenses qui augmentent d'un côté, et des aides qui ne suivent pas. La situation est de plus en plus difficile. Concrètement, nous avons davantage de salariat étudiant, donc plus d'échecs à l'université, sans compter un recours aux soins qui diminue. Le loyer est le premier poste de dépenses des étudiants. Les loyers augmentent de 2,97%. Certaines villes atteignent des loyers records. À Bordeaux, on a une augmentation de 11% des loyers. À Évry, l'augmentation est de 7%. À Paris, l'augmentation dépasse les 5%. 

Pour la première fois à l'Unef, vous pointez la différence entre les étudiants et les étudiantes.

Cela coûte plus cher d'être une femme, car il y a les protections périodiques ou encore les moyens de contraception. Ce sont des frais importants. Quand on est étudiant, la précarité est importante. Mais les étudiantes, elles, sont touchées par la précarité menstruelle, c'est-à-dire ne pas avoir les moyens d'avoir des protections hygiéniques pendant leurs règles. C'est une situation problématique qui a également un impact sur leur réussite.

Qu'attendez-vous du gouvernement ?

En ce qui concerne les étudiantes, nous demandons très rapidement la distribution gratuite de protections périodiques sur les campus universitaires. Il y a une université qui a fait le choix d'appliquer cette mesure cette année, c'est l'université de Lille, c'est une première. On appelle à une généralisation à l'ensemble des universités.