Reçues par la juge d'instruction, les familles de victimes s'interrogent sur la " confusion " relevée les experts.

La juge a présenté aux proches des victimes du crash de l"AF447 un rapport d"étape, qui fait état de la confusion » des membres d"équipage, sans en préciser la cause ni en tirer de conclusion.

Un débris de l\'Airbus du vol Air France AF-447 (archives)
Un débris de l'Airbus du vol Air France AF-447 (archives) (AFP PHOTO/Evaristo SA)

La juge a présenté aux proches des victimes du crash de l"AF447 un rapport d"étape, qui fait état de la confusion » des membres d"équipage, sans en préciser la cause ni en tirer de conclusion.

Les proches des 228 victimes de la catastrophe cherchent toujours à comprendre ce qui s"est passé au large du Brésil le 1er juin 2009. Un rapport d"étape leur a été présenté mercredi, qui apporte des précisions sur l"état d"esprit des pilotes peu avant le drame.

Ceux-ci s'inquiètent au départ des masses nuageuses présentes au radar. "On a un truc droit devant", dit l'un d'eux. Il est 1h35. La turbulence se renforce une vingtaine de minutes plus tard. Cependant, "la situation météorologique a été classée comme non préoccupante par le commandant de bord", notent les experts. Peu après, le pilote automatique se déconnecte.

En l'absence du commandant de bord, parti se reposer, le pilote en fonction "a une action sur le manche à cabrer. Cette action sera maintenue de façon imprécise et nerveuse". L'accélération verticale de l'avion se poursuit et "augmente sensiblement", selon le rapport.

Le pilote a ensuite "une action désordonnée à cabrer sur le manche". Il "exprime son désarroi et son incompréhension au regard des informations dont il dispose". "J'ai plus le contrôle de l'avion là", dit-il ensuite alors que le commandant de bord revient dans le poste de pilotage. "On perd le contrôle", ajoute un des pilotes.

"Je n'ai plus aucune indication", s'inquiètent les pilotes. "On a une vitesse de fou", ajoute l'un d"eux. Ce qui fait dire aux experts que les pilotes étaient alors confus. Ainsi, "l'approche du décrochage ou le décrochage lui-même ne sont pas exprimés". Il n'est, selon le rapport, "pas perçu par l'équipage". De plus "les alarmes sonores et visuelles n'ont pas amené l'équipage au diagnostic et à l'appel d'une quelconque procédure".

Une autre analyse, celle du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) avait créé la polémique en mettant l'accent sur une série de défaillances des pilotes. "La question n'est pas de savoir s'il y avait de la pagaille dans le cockpit, mais pourquoi il y avait de la pagaille", selon l"un des avocats des familles, Me Alain Jakubowicz. Selon lui, "la cause première, ce sont les éléments dont disposaient" les pilotes, "ou plus précisément dont ils ne disposaient pas en raison de dysfonctionnements de l'appareil".

"Le rapport final va mettre un certain temps à aboutir, un certain nombre de mois", a indiqué l'avocat d'Air France, Fernand Garnault. Air France et Airbus ont été mis en examen pour homicide involontaire. Selon Libération.fr, la juge Zimmermann a par ailleurs demandé, en vain, d'entendre comme témoin un responsable de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). En mars 2009, malgré plusieurs exemples de défaillance de sondes Pitot, l'agence avait estimé qu'aucune action n'était nécessaire.