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Qui sont ces sympathisants qui se pressent aux meetings de Mélenchon ?

Les discours du candidat du Front de gauche attirent de plus en plus de Français. FTVi tente de dresser le profil des électeurs séduits par le député européen.

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France Télévisions
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Près de 8 000 personnes se sont rendues au meeting de Jean-Luc Mélenchon à Villeurbanne, le 7 février. (Jean-Philippe Ksjazek/AFP)

Quelque 8 000 personnes hier à Montpellier (Hérault), idem au meeting de Villeurbanne (Rhône) mardi dernier, et plus de 4 000 pour son déplacement à Besançon (Doubs), le 24 janvier. Jean-Luc Mélenchon s’est lancé dans un marathon de meetings à travers le pays et rencontre à chaque fois une affluence considérable.

"On est dans une dynamique positive et notre objectif est de la conforter", explique François Delapierre, directeur de la campagne du candidat du Front de gauche. Un engouement populaire dont il est cependant difficile de savoir avec certitude s’il se traduira par un vote pour le candidat Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle.

Nous avons tenté de dresser le profil du sympathisant mélenchoniste.

• Communistes et diplômés, une solide base

"Il est difficile de faire le portrait de l’électeur acquis à Mélenchon parce que c’est la première fois qu’il se présente à une élection présidentielle", explique Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’université de Lille-II. Deux profils se dégagent cependant et peuvent être identifiés comme faisant partie de la base électorale du candidat du Front de gauche.

Les communistes traditionnels. Encartés de longue date ou fidèles compagnons de route du PC, ils forment une base stable des soutiens du député européen.

Un électorat diplômé, et à haut capital culturel, dont de nombreux fonctionnaires. "Mélenchon a un discours intellectuellement très charpenté, ce qui attire ce genre de public", selon Rémi Lefebvre.

Mais ces deux strates de l’électorat ne peuvent expliquer seules l’affluence à ses meetings et les 9% d’intentions de vote dont le créditent les derniers sondages. Pour Rémi Lefebvre, les qualités reconnues de tribun du coprésident du Parti de gauche lui permettent d’élargir cette base de sympathisants à un niveau beaucoup plus large.

• Milieux populaires et jeunes, de plus en plus présents aux meetings

"Il y a de plus en plus de personnes issues des milieux populaires aux meetings", explique François Delapierre. Même son de cloche pour Corinne Morel Darleux. Secrétaire nationale du Front de gauche pour l’écologie et candidate aux législatives dans la Drôme, elle dit retrouver de plus en plus d’ouvriers ou d’électeurs "abstentionnistes" aux assemblées citoyennes qu’organise le parti dans son département.

L’électorat populaire reste cependant à conquérir pour Mélenchon. S'il place les classes populaires au cœur de son discours, "il n'y a pas encore de frémissement de leur part à l'encontre du candidat du Front de gauche", estime Eddy Fougier, chercheur à l'Institut des relations internationales stratégiques (Iris), spécialiste de la gauche radicale. Fortement abstentionnistes et "déçus" par la politique, les classes populaires font partie d’un électorat flottant "qui semble lui préférer Marine Le Pen" analyse Eddy Fougier. 

Les jeunes sont aussi de plus en plus nombreux aux réunions publiques. "A Besançon (le 24 janvier dernier), c’était particulièrement surprenant", s’enthousiasme le directeur de campagne, François Delapierre. Corinne Morel Darleux confirme aussi cette tendance. "Avant, au niveau local, les réunions rassemblaient surtout des jeunes encartés, alors que depuis quelques semaines, on voit arriver de plus en plus d’étudiants, pas forcément militants."

Eddy Fougier note que les jeunes représentent une part importante des sympathisants de Mélenchon. "Il peut profiter d'un certain vide à l'extrême gauche, récupérer des jeunes qui auraient soutenu Besancenot, mais que la candidature Poutou n'attire pas." Sans pour autant en faire un "candidat des jeunes". 

• Les classes moyennes de retour dans les discours 

Dans l’entourage du candidat, on nie adapter le discours en fonction des différents électorats à sensibiliser. "On n’adapte pas notre message, on a un discours, on continue de le faire passer, et il trouve de plus en plus d’écho dans la société", commente Arnauld Champremier Trigano, directeur de la communication de Jean-Luc Mélenchon. 

De son côté, Corinne Morel Darleux nuance le propos, expliquant que "Jean-Luc donne des axes à ses discours, en fonction de l’actualité. Comme le discours sur la jeunesse qu’il a donné dans l’Est il y a quelques semaines." Les classes moyennes ont également été récemment réintroduites dans le discours du candidat "car elles sont aussi durement touchées par la crise", commente la secrétaire nationale. 

FTVi

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