Plus d'un appel sur deux au 115 est resté sans réponse en décembre

En cause : l'insuffisance de moyens face à des demandes de plus en plus nombreuses. 

Des membres du Samu social effectuent une maraude, le 28 novembre 2012, à Creil, dans l\'Oise. 
Des membres du Samu social effectuent une maraude, le 28 novembre 2012, à Creil, dans l'Oise.  ( MAXPPP)

Plus d'un appel sur deux au 115, le numéro d'urgence pour les sans-abri, reste sans solution. C'est ce que révèle, lundi 14 janvier, la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars) dans son baromètre mensuel. En cause : "l'insuffisance de moyens, face à l'explosion des demandes constatée depuis un an", déplore la Fnars. En décembre, 15 516 personnes ont ainsi sollicité le 115 pour un hébergement, soit une augmentation de 22% par rapport à 2011.

Cependant, 57% des appels sont restés sans réponse contre 49% au même mois de 2011. Le taux de réponses négatives pour absence de place disponible demeure aussi important, mais recule tout de même un peu par rapport au mois de novembre : 66% contre 78% le mois précédent.

Cette amélioration est principalement due aux moyens supplémentaires mobilisés, mais ces derniers restent cependant "très largement insuffisants pour répondre à l'ensemble des demandes", note la fédération. Par ailleurs, l'ouverture des places ne s'est pas faite dans tous les départements.

Des solutions parfois inappropriées

Les familles continuent d'être les plus durement touchées, avec 64% de réponses négatives. Les structures sont en effet particulièrement inadaptées pour les accueillir. Celles-ci sont majoritairement orientées vers l'hôtel (54%), une solution coûteuse et de mauvaise qualité, mobilisée ponctuellement en fonction des températures et des moyens financiers encore disponibles, ajoute la Fnars.

Beaucoup de départements pratiqueraient une alternance de l'aide pour répondre au plus grand nombre : une solution est proposée pour seulement une, deux ou trois nuits, puis les personnes sont remises à la rue et obligées de recomposer le 115. Plus d'un séjour sur deux (56%) ne dure ainsi qu'une seule nuit.

Dans ce contexte, la Fnars s'inquiète "du manque de préparation de la sortie de l'hiver avec la fin tant annoncée de la gestion au thermomètre". "Que vont devenir les personnes accueillies cet hiver ?", s'interroge la fédération. Le plan quinquennal doit proposer des solutions de long terme, à rebours des mises à l'abri proposées chaque hiver, avec un accompagnement social des personnes vers l'accès au logement, ajoute la Fnars.