Incendie dans les Pyrénées-Orientales : le feu est désormais fixé, 500 hectares parcourus par les flammes

Les opérations de nettoyage autour de Saint-André ont commencé sur place et à minuit, les occupants des trois campings qui avaient été évacués ont pu retrouver leur logement. Une cellule psychologique a été mise en place.
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Un violent incendie s'était déclaré à Saint-André et Argelès-sur-Mer dans les Pyrénées-Orientales. (MICHEL CLEMENTZ / MAXPPP)

Le feu qui s'est déclaré lundi en fin d'après-midi entre les communes de Saint-André et Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) est fixé depuis 3 heures du matin, a appris mardi 15 août dans la matinée France Bleu Roussillon auprès des sapeurs-pompiers. 500 hectares ont été parcourus par les flammes. Ce mardi matin, le vent s'est calmé sur les lieux de l'incendie.

Aucun décès n'est à déplorer. Les secours ont examiné 31 habitants ou touristes victimes de petites blessures ou d'inhalation de fumée. Vingt pompiers ont été légèrement blessés. L'un d'eux a été notamment hospitalisé pour des douleurs au dos après une chute. Une cellule psychologique a été mise en place par la mairie d'Argelès-sur-Mer. Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a annoncé sur Twitter qu'il se rendait dans les Pyrénées-Orientales.

Huit habitations "fortement impactées"

Plusieurs maisons ont été détruites, le recensement des dégâts commencera véritablement ce matin, précise France Bleu Roussillon. Dans son dernier bilan, à 8 heures, la préfecture des Pyrénées-Orientales affirme que "huit habitations ont été fortement impactées par l'incendie, 30 habitations et une entreprise touchées et un camping fortement impacté".

"Les reconnaissances se poursuivent pour affiner les dégâts", précise la préfecture. Elle indique par ailleurs qu'une "cellule d'accompagnement et d'informations sera mise en place ce matin pour accompagner les sinistrés", et notamment "350 à 400 vacanciers""On fait face à un paysage de désolation", déplore sur France Bleu Roussillon Samuel Moli, le maire de Saint-André.

"Le village est brûlé de part et d'autres, un tiers a été frappé par l'incendie..."

Samuel Moli

à franceinfo

Le maire de Saint-André décrit notamment "une faune et une flore qui ont disparu" après le passage des flammes. Certes, "le danger est éloigné", mais il faut encore "évaluer les dégâts matériels et humains". Samuel Moli évoque notamment "une dizaine de maisons" touchées par l'incendie, tout en indiquant qu'il s'agit d'une "évaluation basse". L'élu affirme également qu'"une partie de l'ancienne zone d'activité a été ravagée par les flammes".

Les opérations de nettoyage ont commencé

Les sapeurs-pompiers précisent à France Bleu Roussillon que les opérations de nettoyage ont commencé sur place, essentiellement menées par des renforts arrivés dans la soirée des Bouches-du-Rhône, de l'Hérault, de l'Aude et du reste de l'Occitanie. Durant la nuit de lundi à mardi, 650 soldats du feu ont été mobilisés autour de Saint-André. Dans son dernier bilan, la préfecture des Pyrénées-Orientales tient à saluer ce mardi matin "le travail des sapeurs-pompiers" dont l'action "a permis de protéger plus de 400 maisons et de mettre à l'abri plusieurs milliers de vacanciers". 

À minuit, les occupants des trois campings qui avaient été évacués ont pu retrouver leur logement. Le camping Les Chênes rouges à Argelès-sur-Mer, partiellement détruit par les flammes, reste lui fermé. Ses occupants ont été hébergés dans les sept salles ouvertes à Argelès-sur-Mer, Saint-André et Sorède. Au total, 2 000 personnes y ont dormi, à la fois des touristes et des habitants puisque deux lotissements ont aussi été évacués.

Un feu "extrêmement virulent"

Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération des Pompiers de France, évoque sur franceinfo mardi un "feu extrêmement virulent", en raison notamment des "vents compris entre 50 et 80 kilomètres/heure, avec des vents tourbillonnants". Le relief a compliqué la tâche des sapeurs-pompiers :

"Ce sont des cuvettes qui se déversent directement sur la mer, avec des villages parfois pris entre deux falaises."

Eric Brocardi

à franceinfo

Le travail des sapeurs-pompiers a été facilité notamment par des conditions météorologiques "assez favorables, puisque la température a beaucoup diminué", précise-t-il. Il attend désormais "l'arrivée des moyens aériens" qu'il juge "nécessaires pour continuer à parfaire l'ensemble du contour du feu et appuyer les moyens au sol qui ont été éprouvés toute la nuit".

"Au bout de trente minutes, on nous a demandé d'évacuer"

Parmi les touristes qui ont dû fuir les flammes, Loan, evacué de son camping avec sa famille : "J'étais au camping des Chênes rouges à Argelès, explique-t-il. À un moment donné, on voit un panache de fumée, et là, il y a les hélicoptères qui sont arrivés..."

"Une heure après, tout le monde commençait à paniquer au camping... Du coup, trente minutes plus tard, on nous a demandé d'évacuer parce que les flammes étaient vraiment, mais vraiment, proches de nous..."

Loan

à franceinfo

Bernadette Michalak-Guimbert, adjointe au maire d'Argelés, a géré toute la soirée et une partie de la nuit l'accueil de plusieurs centaines d'évacués des campings alentours : "J'ai l'impression de ne pas avoir passé de nuit, soupire l'élue. Je n'ai vu que des gens qui avaient des comportements erratiques, les uns en maillot de bain qui arrivaient par différents modes de locomotion, accompagnés par les gendarmes, ou tout seul. Des familles, aussi, avec des enfants sidérés."

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