Nicolas Sarkozy était l'invité d'honneur du dîner annuel du Crif auquel participaient une vingtaine de ministres

Nicolas Sarkozy volait pour la 2e fois la vedette au Premier ministre, traditionnel invité d'honneur de ce dîner au Pavillon d'Armenonville, dans le Bois de Boulogne à Paris.Il a jugé "positif" le mouvement enclenché dans le monde arabe par les manifestations de Tunisie et d'Egypte lors de son discours, saluant ce "début de printemps des peuples".

Nicolas Sarkozy durant son discours au dîner annuel du Crif, le 09 février 2011
Nicolas Sarkozy durant son discours au dîner annuel du Crif, le 09 février 2011 (AFP/ERIC FEFERBERG)

Nicolas Sarkozy volait pour la 2e fois la vedette au Premier ministre, traditionnel invité d'honneur de ce dîner au Pavillon d'Armenonville, dans le Bois de Boulogne à Paris.

Il a jugé "positif" le mouvement enclenché dans le monde arabe par les manifestations de Tunisie et d'Egypte lors de son discours, saluant ce "début de printemps des peuples".

Les événements de Tunisie et d'Egypte, qui ont envoyé une onde de choc dans le reste du monde arabe, ont "une dimension sans doute historique", a déclaré Nicolas Sarkozy. "Le peuple tunisien et le peuple égyptien, avec une audace qui les a surpris eux-mêmes, ont dit avec force qu'ils voulaient vivre autrement", a-t-il estimé. "Nul n'a le droit de les
condamner pour ce qu'ils ont eu le courage de dire."

"Ce début d'un printemps des peuples est positif parce qu'il est authentique", a poursuivi le chef de l'Etat. Il a salué le fait que les manifestants tunisiens et égyptiens n'aient pas crié "à bas l'Occident", "à bas l'Amérique" ou "à bas l'Israël", ni attaqué une minorité ou
prôné un retour à un âge d'or islamique.

"Qui peut dire quelles seront les étapes à venir ? Nous avons eu déjà tant de mal à distinguer les étapes récentes", a-t-il expliqué. "Et qui peut exclure des dérives brutales ou
totalitaires ? Personne." "Mais c'est notre devoir d'aider ces mouvements. Ce qui ne veut pas dire nous ingérer", a-t-il néanmoins ajouté. "Car ce sont nos valeurs dont ces peuples se réclament (...) Pourquoi ce qui est bon pour nous leur serait interdit ?"

Nicolas Sarkozy a estimé que c'était aussi l'intérêt des démocraties occidentales et d'Israël, dont la sécurité ne sera selon lui que mieux garantie s'il a à ses frontières des Etats démocratiques et des peuples libres, "qui n'auraient pas à chercher ailleurs la compensation de leur propre frustration".

Le président du Crif, Richard Prasquier, avait lui-même salué auparavant les mouvements pro-démocratie qui agitent les pays arabes. Mais il avait invité à la vigilance et lancé une mise en garde contre le "fanatisme islamiste".

Nicolas Sarkozy a pour sa part réaffirmé que seule la création d'un Etat palestinien démocratique, viable et souverain au côté d'Israël garantirait sa sécurité. Il s'est dit convaincu "qu'une reprise des négociations directes (entre Israéliens et Palestiniens) serait un signal supplémentaire d'espoir pour tous les peuples de la région".

Il a par ailleurs adressé un signe aux juifs de France, visés en 2010 par 466 actes antisémites, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. "Le judaïsme a contribué à forger l'identité de la France", a-t-il dit. "Si la France a des racines chrétiennes (elle) a aussi des racines juives (...) et chaque français, quelle que soit sa confession ou son origine, peut en être fier."