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Nicolas Sarkozy à Villepinte : ce qu'il faut en retenir

Nicolas Sarkozy tenait dimanche son plus important meeting en vue de sa réélection.

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France Télévisions
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Nicolas Sarkozy à Villepinte, le 11 mars. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

C'était le plus grand rassemblement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Dimanche 11 mars, à Villepinte, Nicolas Sarkozy rêvait de rééditer l'immense meeting du 14 janvier 2007 à la Porte de Versailles, véritable rampe de lancement vers sa victoire. FTVi fait le point sur ce qu'il faut en retenir.

• La mise en scène

L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy avait mis les petits plats dans les grands. Objectif : ridiculiser le meeting tenu au Bourget par François Hollande fin janvier, qui avait réuni 25 000 personnes. A Villepinte, combien étaient-ils à agiter des drapeaux bleu-blanc-rouge dans cet immense hall de 46 000 mètres carrés ? Impossible à dire précisément. 30 000, 50 000, 70 000 ? Tous les chiffres ont été avancés, aucun vérifié.

Avant le discours de Nicolas Sarkozy, une quinzaine de personnalités ont défilé à la tribune, devant un immense fond de scène arborant le nouveau slogan : "La France forte, c'est vous". Les incontournables : Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé. Mais aussi les people : Gérard Depardieu et Enrico Macias, qui y sont allés de leur petit mot. Et puis Bernadette Chirac, censée symboliser une unité retrouvée. Puis Nicolas Sarkozy est arrivé peu avant 14 heures dans une ambiance survoltée. Pendant son discours, sur son immense estrade blanche, il est régulièrement interrompu par les clameurs de la salle, qui scande "On va gagner" ou"Sarko président".

• La formule

En lieu et place du "j'ai changé" de 2007, Nicolas Sarkozy a entamé son discours avec une succession de "j'ai appris" et "j'ai compris". Pour tenter de tirer parti de sa stature présidentielle et de faire amende honorable sur son bilan tout en l'assumant : "J'ai appris que le président de la République était comptable des joies et des peines des Français. (...) J'ai compris que la volonté ne pouvait pas tout parce qu'il y avait des souffrances que l'on ne pouvait pas apaiser, des injustices que l'on ne pouvait pas réparer."

Dans le même esprit, un peu plus tard, il essaie de répondre à la déception née dans les rangs de l'UMP lorsqu'il avait annoncé son retrait de la vie politique en cas de défaite : "Je me suis engagé comme jamais je ne me suis engagé dans ma vie, j'ai tout donné à la France. (...) J'ai tiré les leçons des réussites et des échecs, mais je n'ai rien perdu de mon envie d'agir, de faire bouger les choses."

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• Les propositions nouvelles

On attendait des mesures "décoiffantes". Elles sont restées très peu nombreuses, diluées dans un discours sur l'Europe.

Suspendre la libre-circulation en Europe ? Nicolas Sarkozy menace de sortir temporairement des accords de Schengen "si aucun progrès n'est fait dans les douze prochains mois". Ces accords, qui posent le principe de la libre-circulation des personnes au sein de l'Europe, "doivent être révisés". Car pour Nicolas Sarkozy, "on ne peut pas laisser la régulation des flux migratoires entre les seules mains des technocrates et des tribunaux". Il propose alors de "pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un Etat défaillant".

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Favoriser les PME européennes. Il prône un "Buy European Act" sur le modèle du "Buy American Act" pour que les entreprises qui produisent en Europe bénéficient de l'argent public européen, dans les douze mois, sans quoi la France agira "unilatéralement".

• La phrase

"Je vais etre critiqué, attaqué, mais je m'en moque car je dis la vérité". Fidèle à sa campagne qui s'adresse "au peuple" en court-circuitant les corps intermédiaires, accusés de conservatisme. "Je dis ce que chacun pense au fond de lui sans jamais le dire", a dit le président candidat. Un hommage à la "France silencieuse" à laquelle les ténors de l'UMP font souvent référence.

• L'attaque

Moins virulent que lors de ses discours précédents, Nicolas Sarkozy n'a pour autant pas ménage la gauche, en l'accusant d'avoir "laissé les banlieues dans un état lamentable" et "abandonné les quartiers".

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• Le flop

L'absence de Jean-Louis Borloo. C'était le suspense du week-end. Le président du Parti radical ferait-il le déplacement à Villepinte pour soutenir le président sortant ? Il n'en a rien été : "Fondamentalement, je ne souhaite pas être à Villepinte", a-t-il lâché samedi. Pas pour bouder, mais pour rester "vigilant" face à la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy. Sans Jean-Louis Borloo, ni Rama Yade, la photo de famille d'une droite rassemblée autour de son candidat se trouve quelque peu écornée.

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