Mélenchon dépeint Hollande en "capitaine de pédalo"

Dans le JDD, le candidat du Front de Gauche à la présidentielle dénonce le "mépris" de François Hollande à son endroit.

Le candidat du Front de Gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, le 14 octobre 2011 à Florange (Moselle).
Le candidat du Front de Gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, le 14 octobre 2011 à Florange (Moselle). (POL EMILE / SIPA)

Au fur et à mesure que la présidentielle approche, le trublion Mélenchon hausse le ton contre François Hollande. Dans une interview au Journal du Dimanche, le candidat du Front de Gauche dresse un portrait sévère de son homologue socialiste.

Pour l'ancien sénateur PS, le député de Corrèze est un "capitaine de pédalo" dans une "saison des tempêtes""Je vois bien qu'il joue beaucoup de la dramatisation et de la peur pour se présenter en champion capable de tenir la barre", mais "Nicolas Sarkozy est pour la rigueur, et François Hollande pour 'donner un sens à la rigueur'. La rigueur, ou la rigueur ? Quelle différence !", peste Jean-Luc Mélenchon. 

Hollande et Sarkozy, "deux hommes d'un autre temps"

Estimant n'avoir "jamais cru que [Nicolas Sarkozy] était battu d'avance", lui assure pouvoir "faire tout autrement". Autrement que Hollande et Sarkozy, "deux hommes d'un autre temps" qui ont "la même analyse de la crise"

Pour le candidat du Front de gauche, son programme est "un programme qui coûte, mais qui rapporte aussi de nouvelles recettes". "Je voudrais en débattre avec François Hollande. Il ne répond pas. Quel mépris !", déplore-t-il. Et de citer plusieurs de ses propositions : "salaire maximum", "smic à 1 700 euros", "planification écologique", "rupture avec le capitalisme et le productivisme"

Mélenchon refuse "l'obstination sociale-libérale"

"C'est avec François Hollande à sa tête que le PS s'est aligné sur le Parti socialiste européen et le 'oui' à l'Europe libérale", rappelle en outre l'ancien promoteur du 'non' au référendum européen de 2005, décrivant un candidat socialiste qui "enrobe de bons mots et de petites blagues une obstination sociale-libérale depuis ses textes de 1983".

"Pourtant, la gauche gagne les élections quand elle est sur une ligne de gauche et elle les perd quand elle est sur une ligne centriste", souligne encore Jean-Luc Mélenchon. "À présent, à gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande ?", conclut l'ancien sénateur socialiste.