Marianne abrite de nombreuses polémiques en son sein

Forme généreuse, taille extra-fine, l'œuvre d'un plasticien quimpérois, qui s'inspirait de Cindy Lee, va être retirée du hall de la mairie de Quimper. Mais ce n'est pas la première fois qu'une Marianne est décriée.

Un buste de Marianne, dans le hall de la mairie de Toulouse, le 4 avril 2014. 
Un buste de Marianne, dans le hall de la mairie de Toulouse, le 4 avril 2014.  (PASCAL PAVANI / AFP)

Marianne était trop sexy. Quelques jours après son installation dans le hall de la mairie de Quimper (Finistère), un buste au bonnet phrygien, jugé trop sexy, va être retiré, rapporte Le Télégramme mercredi 23 juillet. Forme généreuse, taille extra-fine, l'œuvre de Yannick Cohonner, un artiste plasticien quimpérois, s'inspire de Cindy Lee, "strip-teaseuse et ancienne candidate du Parti du plaisir aux dernières élections présidentielles", rapporte le quotidien Ouest-France.

Un choix trop audacieux ? Ce n'est pourtant pas la première fois qu'une Marianne ne fait pas l'unanimité. 

Cindy Lee, une Marianne pour "titiller"

"La création est aussi faite pour titiller", a convenu Bernard  Keraudren, le directeur de cabinet du maire de Quimper, interrogé par Le Télégramme. "À l’accueil, nous avons eu quelques réclamations mais rien de très virulent", a-t-il précisé, ajoutant que "le début du Festival de Cornouaille nous paraissait être un bon moment pour l’enlever". Encore faut-il que l'artiste vienne déménager l'imposante œuvre : "Un bustier de 2,6 m de haut pour une hauteur totale de 4 m."

Une Marianne généreuse, "comme la République"

En 2011, le maire de Neuville-en-Ferrain, près de Lille, avait déja dû retirer le buste de Marianne, qui trônait dans sa mairie depuis plusieurs années. Le motif : toujours la poitrine volumineuse de la République incarnée. Elle indisposait certains administrés, affirmait à l'époque l'entourage du maire. Après cinq ans de bons et loyaux services, la Marianne réalisée par l'artiste locale Catherine Lamacque, avait été remplacée par un buste, plus classique, inspiré par Laetitia Casta. 

L'artiste ne s'était pas vexée, notant une situation "absurde". "J'avais fait des seins importants pour symboliser la générosité de la République", avait-elle expliqué à l'AFP. 

EvelyneThomas, une Marianne trop télévisuelle  

En 2003, le choix de décerner la "Marianne d'or" à l'animatrice Evelyne Thomas avait fait couler beaucoup d'encre. Ce titre n'est, en effet, pas décerné par les maires de France, mais par une association forte de quelques centaines d'édiles.

L\'animatrice de télévision Evelyne Thomas pose pour le sculpteur Daniel Druet, le 19 novembre 2003 à Paris. 
L'animatrice de télévision Evelyne Thomas pose pour le sculpteur Daniel Druet, le 19 novembre 2003 à Paris.  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
 

Ainsi, l'animatrice de l'émission "C'est mon choix" n'était pas censée succéder à Laetitia Casta, Marianne "officielle", expliquait alors Libération "Certes, en 1999, à l'instigation de la très officielle Association des maires de France (AMF), les 36 000 maires avaient été invités à choisir leur Marianne de l'an 2000 et avaient désigné le mannequin", rappelait le quotidienMais le buzz avait fait son œuvre. 

Sur les timbres, l'apparition d'une Marianne Femen

En juillet 2013, le timbre Marianne a affiché un nouveau visage, dévoilé très officiellement par François Hollande le 14 juillet  : sauf que la source d'inspiration de ce symbole de la République fait polémique. Olivier Ciappa, l'un des créateurs de ce timbre, a confié avoir trouvé sa muse en la cofondatrice et chef de file, en France, du mouvement féministe Femen, Inna Shevchenko.

Montage photo présentant la leader des Femen, Inna Shevchenko, et le nouveau timbre inspiré de son visage, dévoilé le 14 juillet 2013.
Montage photo présentant la leader des Femen, Inna Shevchenko, et le nouveau timbre inspiré de son visage, dévoilé le 14 juillet 2013. ( MAXPPP)
 

Evidemment, le choix n'avait pas plus à tout le monde. Le Parti chrétien-démocrate (PCD), avait d'ailleurs appelé à boycotter le timbre.