Les obsèques de Jean-Serge Nérin, le policier tué le 16 mars par l'ETA près de Dammarie-les-Lys, ont eut lieu mardi

La cérémonie s'est déroulée à Melun en Seine-et-Marne en présence des chefs de l'Etat français et espagnol. Une minute de silence a été observée dans tous les services du ministère de l'Intérieur.Jean-Serge Nérin a été nommé chevalier de la Légion d'honneur par un décret paru mardi au Journal officiel.

Le chef de l\'Etat aux obsèques du brigadier Nérin
Le chef de l'Etat aux obsèques du brigadier Nérin (France 3)

La cérémonie s'est déroulée à Melun en Seine-et-Marne en présence des chefs de l'Etat français et espagnol. Une minute de silence a été observée dans tous les services du ministère de l'Intérieur.

Jean-Serge Nérin a été nommé chevalier de la Légion d'honneur par un décret paru mardi au Journal officiel.


Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero sont arrivés dans la cour d'honneur de la préfecture de département. Les ministres de la Justice Michèle Alliot-Marie, de l'Intérieur Brice Hortefeux et Alfredo Perez Rubalcaba, son homologue espagnol, doivent également assister à la cérémonie.

Un écran géant a été installé devant la préfecture pour associer à la cérémonie les collègues du policier Jean-Serge Nérin, 52 ans, tué par balles. Dès 11h, des centaines d'entre eux, la plupart en civil, étaient déjà rassemblés dans le silence et le recueillement.

Ainsi, Hervé Peronne a fait le déplacement depuis Evry (Essonne), pour "accompagner le brigadier Nérin dans ses derniers moments, c'est très important, ça peut nous arriver à tous demain".

Le policier, selon ces sources, sera inhumé samedi à Cayenne en Guyanne d'où il est originaire et où réside une partie de sa famille qui a fait le déplacement mardi à Melun pour les obsèques nationales puis religieuses.

Nicolas Sarkozy a promis de "lutter sans relâche" pour "éradiquer une à une toutes les bases de l'ETA en France".

L'affaire
ETA, jugée responsable de la mort du policier, est disposée "à avancer" sans renoncer à la lutte armée. Le groupe indépendantiste basque s'est déclaré, dans un communiqué diffusé dimanche dans le journal Gara, "disposé à avancer sur le chemin du changement politique".

Joseba Fernandez Aspurz, membre présumé de l'ETA interpellé mardi en Seine-et-Marne après la fusillade, a été mis en examen pour "homicide aggravé" et placé "en détention provisoire"

Joseba Fernandez Aspruz placé en détention provisoire
Les cinq pompiers espagnols de Catalogne, venus pratiquer l'alpinisme en France et identifiés par erreur sur des vidéos comme des membres présumés de l'organisation armée basque ETA, sont arrivés samedi soir à Barcelone en provenance de Paris. Ils ont atterri à bord d'un avion Iberia à l'aéroport El Prat vers 22h30 locales. Madrid a reconnu une "erreur" concernant la diffusion de la vidéo des cinq hommes filmés dans un supermarché de Dammarie-les-Lys.

Après quatre jours de garde à vue, Joseba Fernandez Aspurz, 27 ans, etarra présumé impliqué dans cette fusillade en Seine-et-Marne, a été déféré samedi soir au parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire pour homicide aggravé, tentative d'homicide, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, vols avec arme, at-on appris de source judiciaire.

Joseba Fernandez Aspurz a dans la foulée été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, selon cette source.

La police française avait arrêté ce membre du commando basque qui s'était identifié lui-même comme un membre de l'ETA après la fusillade où le policier français de 52 ans a trouvé la mort. Il est le premier membre des forces de l'ordre françaises tué par l'ETA en 41 ans de lutte armée, qui a fait 828 morts en Espagne.

Jean-Serge Nérin, père de quatre enfants, portait un gilet pare-balles, mais le projectile mortel est passé sous l'aisselle avant de toucher le thorax.

Le suspect, Joseba Fernandez Aspurz, fait l'objet de poursuites pour des violences urbaines perpétrées par des groupes radicaux de jeunes indépendantistes basques, en mars et septembre 2008. La justice espagnole a officiellement demandé qu'il lui soit remis.

Au moins cinq autres membres présumés de l'ETA, parmi lesquels une femme, soupçonnés d'avoir pris part mardi soir à la fusillade avec la patrouille de police de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) sont toujours en fuite.

Premier meurtre d'un policier ou gendarme français par l'organisation séparatiste basque
Il s'agit du premier meurtre d'un policier ou gendarme français par l'organisation séparatiste, même si celle-ci a déjà blessé certains membres des forces de l'ordre dans l'Hexagone.

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a attribué sans hésitation le meurtre de ce brigadier-chef de 52 ans à "une action criminelle de la bande terroriste ETA". "Cette fois, la France a payé un prix élevé pour sa collaboration dans la lutte contre l'ETA, si importante pour notre liberté et pour notre sécurité", a-t-il dit mercredi à Madrid dans les couloirs du Congrès des députés.

Le suspect interpellé dans la soirée de mardi, a donné aux enquêteurs une identité basque espagnole correspondant à celle d'une organisation de jeunesse proche de l'ETA, selon une source judiciaire. Il s'exprimait en basque. "Il s'agit bien de proches de l'ETA. Nous pensons à un commando d'au moins six personnes, peut-être dix, dont une femme, car il y avait six voitures volées", a précisé à Reuters une source policière.

Selon Europe 1, il était recherché par la justice espagnole pour des violences urbaines à Pampelune. Il ne s'était pas présenté la semaine dernière à son procès pour ces jets de projectiles.

Des "éléments matériels" contre l'ETA
Le chef de l'Etat a demandé que la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine incompressible de 30 ans soit appliquée de façon "systématique" aux meurtriers de membres des forces de l'ordre. "Nous ne pouvons accepter aucune banalisation en la matière", a insisté le chef de l'Etat devant la presse.

Après avoir rencontré la famille du brigadier-chef Jean-Serge Nérin et les trois policiers qui l'accompagnaient lors de l'échange des coups de feu, Nicolas Sarkozy a rencontré les représentants syndicaux des policiers de Seine-et-Marne. Il était accompagné de Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux. "Ceux qui ont assassiné Jean-Serge Nérin seront retrouvés et seront châtiés avec la plus grande sévérité", a prévenu le Président, précisant que les enquêteurs avaient "des éléments assez précis qui nous permettront tôt ou tard de retrouver (les) complices" de l'homme appartenant à l'ETA déjà arrêté.

Un syndicat de police appelle à une journée "police en deuil"
Fait rare, l'ensemble des syndicats de police ont appelé les policiers de tous grades, du gardien de la paix au commissaire, à des "rassemblements devant leurs services" à l'heure des obsèques mardi - où seront présents les chefs de l'Etat français et espagnol - et au port d'un crêpe noir en signe de deuil.

Le Directeur central de la Sécurité publique (DCSP), Jacques Fournier, a interdit toute "démonstration" de sirènes ce jour-là, malgré l'appel de certains syndicats, mais a autorisé très exceptionnellement des rassemblements dans les commissariats (et non pas à l'extérieur) ainsi que le port du crêpe.

Selon tous les observateurs, c'est signe que l'émotion suscitée dans la police par le décès de Jean-Serge Nérin est prise très au sérieux par le ministère de l'Intérieur qui veut éviter tout débordement. Les manifestations de forces de l'ordre sont rares en France et toujours très surveillées par les gouvernements.

L'Union Unité-police/SGP (premier syndicat de gardiens de la paix) avait, dès mercredi, appelé à une journée "police en deuil" le jour des obsèques du brigadier chef . Dès mardi 16 au soir, des syndicats de police avaient exprimé leur colère et leur tristesse après la mort de leur collègue.

Graphique interactif sur l'organisation séparatiste basque ETA.