Les mineurs licenciés en 1948-1952 déboutés

Les anciens mineurs des Houillères du Nord-Pas-de-Calais, licenciés pour grève entre 48 et 52, ont perdu aux prud'hommes

grève des mineurs dûrement réprimée en 1948
grève des mineurs dûrement réprimée en 1948 (© France)
Les anciens mineurs des Houillères du Nord-Pas-de-Calais, licenciés pour grève entre 48 et 52, ont perdu aux prud'hommesLes anciens mineurs des Houillères du Nord-Pas-de-Calais, licenciés pour grève entre 48 et 52, ont perdu aux prud'hommes

Les prud'hommes de Nanterre, saisis de ce dossier, ont en effet estimé que leur action était prescrite.

Dans cette affaire atypique, les anciens mineurs demandaient à la justice de reconnaître le caractère discriminatoire de leur licenciement.

L'affaire remonte à l'automne 1948, lorsqu'une grève, lancée par la CGT pour protester contre la perte de plusieurs avantages, va, pendant deux mois, faire l'objet d'une répression massive, le gouvernement d'Henri Queuille y voyant un mouvement insurrectionnel dans le climat tendu de la guerre froide.

Au-delà des interventions de l'armée et des CRS, autorisés à tirer sur les grévistes, quelque 3.000 licenciements sont prononcés. Conséquence immédiate pour les ouvriers: la privation de leurs indemnités de logement et de chauffage prévues par leur statut. Les mineurs et leurs familles, dont certains furent mis à la porte après un autre mouvement, en 1952, ont dû attendre 1981 pour qu'une loi d'amnistie couvre les faits.

Par la suite, la loi de finances de 2005 a bien prévu une indemnisation pour les prestations de chauffage et de logement, mais pas pour les salaires non versés à la suite des licenciements.

Dans son jugement, le conseil des prud'hommes a invité "les parties à poursuivre et reprendre leur démarche tendant à une médiation et une solution apaisée". La Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations) avait apporté son soutien aux demandes des mineurs ou de leurs familles.