Les laboratoires Servier poursuivent en diffamation le quotidien Libération et le député PS Gérard Bapt.

En cause : des articles et des propos relatifs au scandale du Mediator. Le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand, ainsi que le journaliste Yann Philippin, la SARL Libération et le député en charge de la mission d"information parlementaire sur le Mediator sont cités à comparaître en janvier 2012.

Boîtes de Protelos, médicament du laboratoire Servier.
Boîtes de Protelos, médicament du laboratoire Servier. (AFP/THOMAS COEX)

En cause : des articles et des propos relatifs au scandale du Mediator. Le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand, ainsi que le journaliste Yann Philippin, la SARL Libération et le député en charge de la mission d"information parlementaire sur le Mediator sont cités à comparaître en janvier 2012.

Les laboratoires Servier reprochent au quotidien d"avoir énoncé « une série d'imputations qui sont très gravement diffamatoires à l'égard des laboratoires Servier en particulier en accusant Servier d'avoir "récidivé" avec le Protelos et en l'accusant d'avoir "falsifié des documents" concernant ce médicament contre l'ostéoporose ». C"est un dossier consacré à un autre médicament du laboratoire, le Protelos, qui suscite l"ire des laboratoires. L"édition du 7 septembre évoquait en effet la possibilité que Servier ait minimisé les effets secondaires de ce médicament.

Nicolas Demorand, dans un éditorial, avait écrit que Servier "avait érigé le mensonge et la manipulation en modèle économique", de sorte qu'après le Mediator, "c'est désormais le Protelos qui fait scandale". Dans une interview à Libération, le député Bapt avait déclaré que les laboratoires Servier avaient cherché à minorer les effets du Protelos allant notamment jusqu'à "falsifier des cas pour que le décès des patients n'apparaissent pas". Le député PS avait accusé Servier de "développer des méthodes perverses et pas seulement pour le Mediator".

Servier estime dans sa citation à comparaître que la diffamation publique est établie "à raison de la gravité des accusations mensongères". Il demande 50.000 euros et la publication du jugement dans plusieurs quotidiens dont Libération. Evoquant le Mediator, les laboratoires Servier maintiennent que le médicament a été mis sur le marché comme antidiabétique et non comme coupe-faim. Ils accusent les medias d'avoir mené une "campagne de presse d'une violence inouïe". "Ils se posent en victimes", a réagi M. Bat en estimant qu'en poursuivant la presse et lui-même en justice, Servier tentait une "nouvelle manœuvre d'intimidation".