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Le président de l'Assemblée a accusé des députés Verts d'avoir aidé Greenpeace à entrer dans l'Assemblée

Mercredi, des militants de Greenpeace s'étaient invités dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale mercredi après avoir grimpé, dans la matinée, sur le toit du bâtiment. Une action saluée par Noël Mamère.Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a annoncé le dépôt de deux plaintes contre Greenpeace.
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Noël Mamère avec les militants de Greenpeace lors de leur manifestation à l'Assemblée nationale (2/12/2009) (AFP/THOMAS COEX)

Mercredi, des militants de Greenpeace s'étaient invités dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale mercredi après avoir grimpé, dans la matinée, sur le toit du bâtiment. Une action saluée par Noël Mamère.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a annoncé le dépôt de deux plaintes contre Greenpeace.

Le président du groupe Nouveau Centre, François Sauvadet, a demandé des sanctions à l'encontre du député de Bègles, Noël Mamère.

"Il y aura certainement des suites qui vont être données, non pas pour les applaudissements mais pour, probablement, un certain nombre d'initiatives qui ont été prises et qui ont probablement facilité cette opération", a dit Bernard Accoyer sur France Info.
"C'est l'enquête qui va le déterminer", a-t-il ajouté, précisant que le bureau de l'Assemblée nationale prendrait des décisions sur la base de cette enquête.

Noël Mamère a nié jeudi avoir aidé Greenpeace dans son action.
Selon des sources parlementaires, le député Vert est soupçonné d'avoir laissé Greenpeace utiliser son bureau pour y entreposer du matériel destiné à l'action.

Des élus socialistes ont dit à Bernard Accoyer que les militants s'étaient introduits en tant qu'électeurs de leur circonscription.
Pour cela, ils ont usurpé des identités, a affirmé le président de l'Assemblée nationale, ce que nie Greenpeace. "Personne n'a menti, il n'y a eu aucune usurpation d'identité", écrit l'ONG dans un communiqué.

Sur le toit puis dans l'hémicycle

Les militants voulaient attirer l'attention des élus, Nicolas Sarkozy en tête, sur les questions du climat, avant le sommet de Copenhague.
A peine Jean-Louis Borloo (Ecologie) avait-il terminé son discours, mercredi après-midi, que des militants, assis dans des tribunes d'invités, ont commencé à manifester, brandissant des banderoles, et arborant des tee-shirts "Greenpeace".

Cette irruption a provoqué un brouhaha dans l'hémicycle : Noël Mamère et Yves Cochet (Verts) ont applaudi les écologistes et ont aussitôt été pris à partie par les députés UMP et NC aux cris de "fascistes, voyous!".

La séance a été brièvement interrompue et l'ensemble du public évacué. A la reprise, Yves Cochet a pris la parole, aussitôt conspué par la droite qui a quitté l'hémicycle. Dès lors, le débat, plutôt technique et convenu, n'a plus intéressé personne, le spectacle se déroulant, dorénavant, à l'extérieur, dans la salle des quatre colonnes où se bousculait la presse.

Devant les micros, David Douillet criait au "viol de la démocratie", et les UMP réclamaient "des sanctions contre Mamère et Cochet", accusés d'être complices de Greenpeace et d'avoir fait un bras d'honneur à la majorité, dans l'hémicycle.

"Ce qu'a fait Greenpeace est inadmissible, a aussi jugé Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS. Ils défendent une cause noble mais là, ils ont fait le contraire du but recherché: ils ont empêché un débat intéressant et utile, c'est choquant!".

Yves Cochet a jugé tout au contraire l'intervention de Greenpeace "plus amusante que sérieuse". Les militants ont "juste déployé quelques banderoles pour essayer d'aider le gouvernement à réussir un bon accord à Copenhague !"

Ces événements avaient été précédé, à la mi-journée, par une première action de l'organisation écologiste sur le toit de l'Assemblée, où plusieurs militants ont tenté d'arrimer une banderole.

Plainte de l'Assemblée

"D'ores et déjà, j'ai porté ce matin plainte à l'égard de cette association (Greenpeace) pour tentative d'accrochage de banderoles sur le toit de l'Assemblée nationale", a déclaré Bernard Accoyer à la presse. "Nous allons déposer une seconde plainte pour cette intrusion, cette usurpation d'identité et les incidents de cet après-midi" dans l'hémicycle, a-t-il ajouté.

Il affirme que les militants de Greenpeace "ont usurpé de fausses identités pour tromper les parlementaires et bénéficier de tickets de séance" afin de rentrer dans les tribunes de l'hémicycle.

Les militants ont reçu le soutien du député Vert Noël Mamère. "C'est formidable, c'est une action qui a pour but de sensibiliser les responsables politiques aux défis lancés par l'effet de serre", a-t-il dit. "Je trouve que c'est bien qu'ils viennent le faire là où bat le coeur de la démocratie et là où il devrait y avoir beaucoup plus de débats sur la question climatique et ses conséquences sociales, écologiques et économiques".

Sécurite renforcée

Le matériel utilisé, notamment une corde pour descendre en rappel dans l'hémicycle, n'a pas été détecté par les services de sécurité de l'Assemblée. "Il n'y a pas de fouille au corps. Le matériel, ils le cachent sous les vêtements en prétendant être enceinte", a lancé Bernard Accoyer, jugeant que c'était "probablement" ce qu'il s'était passé mercredi. "Nous allons renforcer ces procédures de contrôle et de sécurisation (...) On peut régler la sensibilité des portiques de sécurité et bien d'autres mesures qui seront mises en oeuvre dès aujourd'hui", a-t-il ajouté.

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