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La presse apprécie la prestation de Jean Sarkozy

Dans son ensemble la presse estime que Jean Sarkozy a fait le bon choix même si certains y voient l'ombre du père
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France Télévisions
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Dans son ensemble la presse estime que Jean Sarkozy a fait le bon choix même si certains y voient l'ombre du pèreDans son ensemble la presse estime que Jean Sarkozy a fait le bon choix même si certains y voient l'ombre du père

La presse quotidienne n'est pas dupe du renoncement de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad, et certains semblent lui prédire un bel avenir politique.

Malgré son jeune âge, le fils Sarkozy a démontré qu'il a déjà l'éloquence de son père et qu'il est serein sur son avenir politique.

Revue de presse


Le Figaro qui titre avec une nuance d'ironie "Jean Sarkozy renonce à la présidence", voit dans la prestation du fils Sarkozy une simple manière de "clore la polémique". Le quotidien à la plume rejoint également la Une de Libération en évoquant "le sacrifice du fils". Le quotidien reconnaît par ailleurs que "ce coup de théâtre met un terme à ce qui ressemblait depuis deux semaines à un psychodrame pour la majorité. Accusé de népotisme par la gauche". Le Figaro termine en rappelant qu'"à cinq mois des élections régionales, l'affaire menaçait de se transformer en mauvais feuilleton pour la majorité". Le journal annonce enfin que c'est aussi "Une manière, pour lui, de prendre date (...) et de mettre son ambition en veilleuse".

"Jean plus fort que Nicolas le père ? Le jeune homme de 23 ans présenté comme immature en économie a fait preuve d'un grand sens politique, hier, sur France 2", écrit Yann Marec dans les colonnes de Midi libre. "C'est un grand bond dans l'avenir qu'il a effectué en montrant que dans son fonctionnement, il y avait de l'apaisement. De la sagesse aussi. Et de la responsabilité. Ça
ressemble presque à du panache", affirme-t-il.

Et Hervé Fabre de La Voix du Nord, enfonce le clou : "Le père peut être cependant rassuré sur les capacités du fils à tirer parti d'un échec". Et, selon lui, "on entendra encore parler de Sarkozy Junior, sans doute dès 2011, lorsqu'il s'agira (...) de la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine".

"Il a renoncé mais il n'a rien lâché", constate également Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. "Ce jeune homme de 23 ans qui, a aucun moment, n'a laissé paraître le moindre doute sur l'essentiel, ses capacités et sa légitimité à occuper des fonctions qui supposent de l'expérience et des compétences. En d'autres termes, il a coupé court au vrai débat".

Francis Brochet du Progrès va même jusqu'à qualifier de "grand art" la prestation du fils Sarkozy: "En cinq minutes à peine, Jean Sarkozy nous a tout fait : l'innocent persécuté, le fils obéissant, l'élu dévoué à ses électeurs, l'homme blessé, le jeune mûri dans l'épreuve, le politique porteur d'une ambition. Du très grand art. Son père en plus blond, plus jeune et plus calme".

Dans le même sens, Hubert Coudurier du Télégramme affirme qu'"une étoile est née: "Prestation impeccable du fiston qui sort grandi de l'épreuve. Les commentateurs noteront que Sarko 1er a reculé, ce qui lui arrive rarement. Mais une étoile est née".

Critiques

Face à cette série de compliments de la presse régionale, une poignée d'irréductibles voient les choses différemment. Ainsi dans les colonnes de Libération - qui a titré sa Une "Le sacrifice du fils" -, Fabrice Rousselot explique que "le renoncement de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad montre autre chose". "Il sonne comme un aveu. Celui d'un Président qui a compris qu'il est allé un peu trop loin dans l'exercice personnel de son pouvoir".

Jean-Michel Helvig de La République des Pyrénées a le même sentiment. Selon lui, "l'hyper-président n'est pas hyper tout puissant". L'éditorialiste estime que "Jean Sarkozy , manifestement incompétent pour la fonction, était devenu le symbole d'un système aux antipodes de "l'Etat irréprochable" voulu par Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle". Alors, selon lui, "l'accusation de népotisme s'annonçait comme un lourd fardeau d'ici la fin de son mandat".

Un peu dans la même veine, Les Echos juge cette décision comme "un recul majeur pour le chef de l'Etat" puisqu'ils estiment que l'on voit l'ombre de Sarkozy père dans la décision du fils. "Cette fois, difficile de ne pas voir dans la décision d'hier la patte du chef de l'Etat, ne serait-ce que pour une raison: par deux fois en une semaine, Nicolas Sarkozy est monté au créneau pour défendre son fils, non pas en tant que "père", mais bien en tant que "président de la République". "Pouvait-il laisser perdurer une rentrée politique brouillée, parsemée de critiques sur ses décisions (la taxe carbone) et de doutes sur ses choix politiques (l'ouverture via Frédéric Mitterrand)? De toute évidence, non", conclut sèchement le quotidien économique.

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