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La France indemnise plus de chômeurs qu'il y a vingt ans mais moins longtemps, avec de grandes disparités de traitement

Ciblant davantage le chômage récurrent que le chômage de longue durée, le système français d'assurance chômage indemnise "plus de salariés éligibles mais pour des durées moindres", souligne une étude publiée lundi du Centre d'analyse stratégique.Celui-ci releve du Premier ministre, l'étude traçant des parallèles avec les autres régimes européens.
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 (AFP - JEAN-FRANCOIS MONIER)

Ciblant davantage le chômage récurrent que le chômage de longue durée, le système français d'assurance chômage indemnise "plus de salariés éligibles mais pour des durées moindres", souligne une étude publiée lundi du Centre d'analyse stratégique.

Celui-ci releve du Premier ministre, l'étude traçant des parallèles avec les autres régimes européens.

"La France s'écarte du modèle dominant en ayant le taux de cotisation le plus élevé (6,4% du salaire brut), en ayant le plafond d'allocation le plus élevé (5.800 euros nets par mois en 2009) et en ne prenant pas en compte la situation de famille de l'assuré" à l'instar de l'Italie, la Suède et le Danemark, résume l'institution.

L'accès à l'assurance chômage y est "aisé" puisqu'il suffit d'avoir travaillé quatre mois au cours des 28 mois précédents, mais la durée d'indemnisation minimale y est aussi "la plus courte" (quatre mois contre dix en moyenne dans les pays recensés, hors Belgique où elle est illimitée).

Les conditions d'indemnisation dépendant "fortement de la qualité de l'emploi antérieur" : en 2008, "l'allocation moyenne" était de 1.100 euros nets mensuels, sur 324 jours, relève le Centre d'analyse stratégique, et "plus du tiers" des demandeurs d'emploi étaient "en situation de pauvreté" avec des revenus inférieurs à 950 euros environ pour une personne seule, 2.000 pour un couple avec deux enfants.

"Leur nombre pourrait s'accroître au cours des prochaines années avec la remontée du chômage de longue durée", avertit le Centre. Certains n'ont même aucun revenu.

"Environ 40% des demandeurs d'emploi ne sont indemnisés ni par l'assurance chômage ni par l'ASS" - l'allocation de solidarité spécifique, versée à des chômeurs en fin de droits - ce qui représentait "1,6 million de personnes" en juillet 2010, notamment des femmes et des moins de 30 ans, "sous-représentés parmi les chômeurs indemnisés", selon la même source.

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