La cour d'assises spéciale de Paris a décidé mercredi de se "transporter" le 6 juin à partir de 19h30 à Ajaccio

Le transport sur les lieux de l'assassinat en février 1998 du préfet de Corse Claude Erignac, pour lequel elle juge Yvan Colonna, aura lieu à huis clos.Acceptant la demande de la défense, la cour a ordonné la présence des experts en balistique, d'un médecin légiste et de Pierre Alessandri qui assure depuis 2004 être l'auteur des tirs sur le préfet.

Portrait d\'Yvan Colonna pris après son arrestation le 4 juillet 2003.
Portrait d'Yvan Colonna pris après son arrestation le 4 juillet 2003. (AFP Photos)

Le transport sur les lieux de l'assassinat en février 1998 du préfet de Corse Claude Erignac, pour lequel elle juge Yvan Colonna, aura lieu à huis clos.

Acceptant la demande de la défense, la cour a ordonné la présence des experts en balistique, d'un médecin légiste et de Pierre Alessandri qui assure depuis 2004 être l'auteur des tirs sur le préfet.

Il ne s'agit pas d'une reconstitution à proprement parler, puisqu'il est "impossible de remettre les lieux en l'état", a précisé le président de la cour, Hervé Stephan. La cour d'assises de Paris spécialement composée pour les affaires de terrorisme, comprenant uniquement des magistrats professionnels, avait accepté dès le 16 mai le "principe" d'une reconstitution du crime, demandée par la défense, mais avait réservé sa réponse "en fonction de l'évolution des débats".

Mardi soir, la partie civile et l'accusation s'étaient déclarées d'accord pour un "transport sur les lieux", mais pas pour une "véritable reconstitution", qui suppose "une remise en état des lieux et tout un tas d'éléments matériels".

L'accusation a demandé le huis clos, s'agissant de "la reconstitution d'un fait criminel", alors que la défense avait demandé que l'événement soit ouvert au public, comme les audiences tenues à Paris. En revanche, les témoins oculaires et les autres condamnés ne seront pas présents.

Yvan Colonna, accusé d'avoir tiré trois balles dans la tête du préfet et arrêté en 2003 après quatre ans de fuite, nie les faits. Ouvert début mai après une cassation, le troisième procès du militant nationaliste a pour l'instant entraîné une bataille d'experts, jugée vaine par l'accusation, concernant la taille du tireur.

Avant de se rétracter, plusieurs membres du "commando Erignac" avaient accusé Yvan Colonna d'avoir participé à l'assassinat, certains le désignant même comme celui qui avait abattu le préfet de trois balles dans la nuque, le 6 février 1998 à Ajaccio.