La communauté chinoise de France a célèbré dimanche le début de l'année du Tigre de métal

Pour les 600.000 à 700.000 chinois et Asiatiques d'ascendance chinoise installés en France, le 14 février marque le passage de l'année du Boeuf à celle du Tigre de métal, symbole de courage et de solidarité.Alors que 50% de la communauté chinoise de France réside en région parisienne, la capitale célébre dignement l'évènement.

Des masques spectaculaires à un défilé du nouvel an chinois.
Des masques spectaculaires à un défilé du nouvel an chinois. (AFP - Frédéric J.Brown)

Pour les 600.000 à 700.000 chinois et Asiatiques d'ascendance chinoise installés en France, le 14 février marque le passage de l'année du Boeuf à celle du Tigre de métal, symbole de courage et de solidarité.

Alors que 50% de la communauté chinoise de France réside en région parisienne, la capitale célébre dignement l'évènement.

Le traditionnel défilé du dragon a débuté dimanche vers 14h place de l'Hôtel de Ville (4e arrondissement) en présence du maire Bertrand Delanoë, de l'ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, et du président de l'association des Chinois résidant en France, Chan Sing Mo.

Un autre défilé hauts en couleurs a eu lieu dimanche à Belleville (19e et 20e arrondissements) et d'autres sont prévus le 19 février dans le 17e arrondissement, et le 21 dans le 13e arrondissement.

Ces célébrations doivent durer une quinzaine de jours et s'achever par la "Fête des lanternes".

Le nouvel an chinois, un moment de transmission des traditions
"Le Nouvel an chinois (nónglì xinnián), également appelé Fête du printemps ou Fête du Têt au Vietnam, est la fête la plus importante pour les diasporas chinoises à travers le monde et constitue un moment unique de transmission de traditions millénaires au sein des familles, particulièrement quand elles ont émigré", souligne Donatien Schramm, fondateur de l'association parisienne "Chinois de France".

Ainsi, explique Chen Weiwei, professeur de calligraphie à Paris, née en 1979 dans le district de Wenzhou (sud-est de la Chine), "c'est l'occasion de raconter les traditions à mes deux enfants nés en France". "Chez nous comme dans la plupart des familles chinoises, on fixe le signe Fu, symbolisant le bonheur à l'envers sur notre porte pour attirer la prospérité, on accomplit la cérémonie familiale d'adieu aux dieux du foyer et on leur offre des sucreries qui collent les lèvres pour les empêcher d'aller dire du mal de nous à l'Empereur de Jade", s'amuse la jeune femme.

Sa fille Martine, 7 ans, attend surtout les "enveloppes rouges" des étrennes que les adultes donnent aux enfants après les échanges de voeux au sein de la famille, de l'aîné au plus jeune.

Elle aide également sa mère à préparer les aliments symboliques par le nom ou la forme pour cette période de bombance: raviolis en forme de lingot d'or, symbole de prospérité, nouilles évoquant la longévité ou sucreries rondes représentant la famille réunie.

La plus large communauté chinoise d'Europe vit en Ile-de-Fance
La région parisienne abrite la plus large communauté chinoise d'Europe, produit de vagues d'immigration successives et continue à attirer chaque année des milliers de migrants chinois.

Selon Pierre Picquart, spécialiste de la Chine et de la diaspora chinoise, il est difficile de donner des estimations en raison de l'importance des sans-papiers mais on peut parler d'une "fourchette de 600.000 à 700.000 Chinois ou d'origine chinoise présents en France, dont la moitié en Ile-de-France, qui représente donc la plus grosse communauté chinoise d'Europe, devant Londres".

Selon les spécialistes, quelque 60.000 clandestins chinois arriveraient en France chaque année. La majorité des migrants des années 70 venaient de Wenzhou (Zhejiang) et s'appuyaient sur de puissants réseaux familiaux. Dans les années 70-80 sont également arrivés quelque 150.000 "boat-people", réfugiés de l'ex-Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) pour la plupart d'origine chinoise (Chaozhou, est de la province de Guangdong).

Depuis 2000, de nouveaux migrants chinois se singularisent par leur isolement. Ils sont souvent victimes de la fermeture des grandes usines publiques du nord-est de la Chine.