L'unique accusé du double meurtre de Katia Lherbier et Géraldine Giraud s'est expliqué devant une juge sur sa cavale

Jean-Pierre Treiber s'est expliqué pendant plus de deux heures lundi devant une juge d'instruction sur les motivations de sa cavale rocambolesque qui a duré 74 jours.Depuis son interpellation, Treiber est resté muet sur les péripéties de cette cavale, entamée le 8 septembre après son évasion de la maison d'arrêt d'Auxerre.

Jean-Pierre Treiber (archives)
Jean-Pierre Treiber (archives) (France 2)

Jean-Pierre Treiber s'est expliqué pendant plus de deux heures lundi devant une juge d'instruction sur les motivations de sa cavale rocambolesque qui a duré 74 jours.

Depuis son interpellation, Treiber est resté muet sur les péripéties de cette cavale, entamée le 8 septembre après son évasion de la maison d'arrêt d'Auxerre.

Arrivé vers 16H00 à bord d'un fourgon pénitentiaire escorté par des motards, il a été reconduit en début de soirée vers sa cellule de Fleury-Mérogis, où il est incarcéré depuis son interpellation fin novembre.

"Mon client n'a rien à cacher" a déclaré son avocat
"Il a répondu à toutes les questions, l'interrogatoire a été extrêmement précis et s'est déroulé en présence du procureur" d'Auxerre, François Pérain, a ajouté l'avocat, sans cependant laisser filtrer la moindre précision, si ce n'est que Jean-Pierre Treiber affirme avoir passé plusieurs semaines en forêt.

"Il s'est expliqué sur son parcours en forêt où il a passé plusieurs semaines, sur ses lettres, sur tout. Il s'est expliqué sur la façon dont il s'est évadé, sur ses motivations, indiquant notamment +C'était ça ou je m'accrochais+", a ajouté l'avocat, évoquant un projet suicidaire que Jean-Pierre Treiber aurait mûri en prison.

Treiber devait fournir des détails sur ces 74 jours de "liberté", notamment sur cette période encore floue, comprise entre le 10 octobre (date où il a été hébergé dans la ferme des Ecrennes, en Seine-et-Marne) et le 20 novembre, date de son arrestation à Melun.

Depuis, les enquêteurs ont la quasi-certitude de la brièveté du séjour en forêt de l'évadé, contrairement à ce qu'il écrivait dans ses lettres très médiatisées. Ils ont procédé à plusieurs gardes à vue, notamment dans le village de Bréau, en Seine-et-Marne, où Treiber avait ses habitudes.

Le mutisme comme stratégie de défense ?
Toutefois, des sources proches de l'enquête n'excluent pas que Treiber adopte le mutisme comme stratégie de défense devant la juge d'instruction.

A la suite de sa cavale, cinq personnes ont été mises en examen: un ancien codétenu, Flavien Cosson, accusé de "complicité d'évasion", et quatre proches, mis en examen pour "recel de malfaiteurs".
Deux ont été écrouées : Michel Huys, 57 ans, et Régis Charpentier, 53 ans, considérés comme les "plus impliqués".

Michel Huys, collègue de Treiber à l'époque où il était garde-forestier dans l'Essonne, l'a accueilli le 10 octobre dans sa ferme des Ecrennes. Régis Charpentier, au "passé judiciaire chargé", l'a hébergé dans un studio à Melun. Si le premier, selon les enquêteurs, semble avoir agi par amitié, les motivations de Régis Charpentier restent obscures : il est soupçonné d'avoir tenté de négocier "des droits d'auteur et des droits à l'image de Jean-Pierre Treiber auprès de différents médias français et anglais".

Un policier mis en examen pour avoir diffusé des photos de Treiber
Dans la première lettre envoyée à la presse après son évasion, Treiber avait justifié son évasion par son intention de "régler ses comptes" avec d'éventuels complices.

Il avait également assuré qu'il serait présent lors de son procès devant les assises de l'Yonne, prévu en avril 2010, pour le double assassinat de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier, dont les corps avaient été découverts dans sa propriété, à Villeneuve-sur-Yonne, dans l'Yonne, le 9 décembre 2004.

Dernière péripétie médiatique en date sur cette évasion : le 4 décembre, un policier de Dijon, soupçonné d'avoir fourni à la presse des photos de Jean-Pierre Treiber en cavale, a été mis en examen pour "violation du secret professionnel", placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions.