Cet article date de plus de dix ans.

L'ex-collaborateur d'E.Balladur, interpellé mercredi, a été mis en examen jeudi pour complicité d'abus de biens sociaux

L'ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, interpellé mercredi matin par les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières (Dnif), a été présenté jeudi matin au juge Renaud van Ruymbeke en charge du volet financier de l'affaire Karachi, à l'issue d'une garde à vue de 24 heures.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Nicolas Bazire (C), sortant du ministère du Travail, à Paris, le 20 juin 2005 (AFP/MEHDI FEDOUACH)

L'ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, interpellé mercredi matin par les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières (Dnif), a été présenté jeudi matin au juge Renaud van Ruymbeke en charge du volet financier de l'affaire Karachi, à l'issue d'une garde à vue de 24 heures.

Nicolas Bazire a fait part de son "absence totale d'implication" dans la signature de contrats d'armement au coeur de l'enquête,
a déclaré son avocat Jean-Yves Liénard. Il a également jugé "fantaisistes" les témoignanges selon lesquels il aurait reçu des valises de billets en provenance de Suisse durant la campagne
présidentielle d'Edouard Balladur, dont il était le directeur de campagne.

M. Bazire, 54 ans, directeur général de Groupe Arnault, la holding familiale du milliardaire Bernard Arnault, le PDG du géant mondial du luxe LVMH, a été laissé en liberté sans contrôle judiciaire.

Mercredi, le juge Renaud van Ruymbeke a mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux un autre proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, en garde à vue depuis lundi. Le magistrat enquête sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions versées dans le cadre de contrats d'armement.

Son domicile avait été perquisitionné début juillet.

Les enquêteurs s'intéressent aux liens éventuels de M. Gaubert avec l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takkieddine mis en
examen le 14 septembre dans ce dossier et présenté comme intermédiaire dans deux contrats d'armement sur lesquels enquêtent les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire.

Il aurait été mis en cause pour son rôle dans le financement de la campagne Nicolas Bazire, directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon (1993-1995) et également son directeur de campagne pour la présidentielle de 1995.

M.Gaubert, a été chargé de la communication de Nicolas Sarkozy jusqu'au milieu des années 90. Il a travaillé pour M.Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), puis sous le gouvernement Balladur, au ministère du Budget et au porte-parolat du gouvernement.

Un témoin parle des valises de billets
Selon Mediapart, un témoin entendu le 8 septembre par la police a affirmé que M.Takkieddine s'était rendu à plusieurs reprises dans le milieu des années 1990 en Suisse pour y retirer des fonds remis à Paris à Nicolas Bazire.Selon Mediapart et Le Nouvel Observateur, la princesse Hélène de Yougoslavie, qui a vécu un divorce difficile avec M.Gaubert, a expliqué que son ex-mari avait accompagné M.Takkieddine en Suisse pour aller chercher de valises de billets durant la période 1994-1995.

Ces développements apparaissent alors que M.Takkieddine a été mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" la semaine passée par le juge van Ruymbeke.

Takkieddine, intermédiaire imposé

Plusieurs témoins cités au dossier ont indiqué que l'homme d'affaires franco-libanais était un intermédiaire imposé par le cabinet de l'ancien ministre balladurien de la Défense, François Léotard, peu de temps avant la conclusion en 1994 au Pakistan d'un contrat de vente de sous-marins. Ce dernier reconnaît avoir joué un rôle légal d'intermédiaire dans la vente des frégates à l'Arabie saoudite mais pas dans le contrat pakistanais.

L'enquête sur le financement de la campagne électorale de M. Balladur à révélé le versement d'importante sommes en espèces sur son compte de campagne. En outre, 5,2 ou 5,3 millions de francs avaient été remis en espèce à Olivier Michaud, responsable de la société de sécurité des meetings.

Deux témoins ont aussi évoqué la présence d'un coffre-fort dans le bureau de M. Bazire au siège de la campagne de l'ancien Premier ministre. M.Balladur a indiqué que cet argent en liquide provenait de la vente d'objets promotionnelles durant les meetings. Cette même explication a été donnée au Conseil Constitutionnel, chargé" de valider les comptes de campagne, par Francis Lamy, mandataire de M.Balladur.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers France

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.