Un an après la mise en place d'un numéro vert, Cazeneuve fait le bilan de la prévention de la radicalisation

Le ministre de l'Intérieur assure que 571 Français sont partis faire le jihad en Syrie et en Irak. 

Le ministre de l\'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Bruxelles (Belgique), lundi 9 novembre 2015. 
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Bruxelles (Belgique), lundi 9 novembre 2015.  (WIKTOR DABKOWSKI / WIKTOR DABKOWSKI)

Un an et demi après la création du centre de prévention contre la radicalisation et son numéro vert, "3 800 signalements pertinents" ont été reçus. Jeudi 12 novembre, Bernard Cazeneuve a fait le bilan de cette initiative lors d'une journée de réflexion sur le phénomène.

Le numéro vert, créé fin avril 2014 par le ministère de l'Intérieur, permet aux familles et proches de signaler des départs potentiels en Syrie ou Irak de candidats au jihad.

Voici ce qu'il faut retenir de ce bilan : 

571 Français sont partis faire le jihad, dont un quart de femmes

Alors que 571 Français ont rejoint la Syrie ou l'Irak, "141 personnes, souvent jeunes, ont perdu la vie" dans ces deux pays. 

Un quart des personnes radicalisées identifiées sont des femmes et "199 d'entre elles sont actuellement présentes dans la zone irako-syrienne", selon le ministre. 

246 personnes sont revenues en France 

Selon Bernard Cazeneuve, "pas moins de 246 personnes parties sur le théâtre des opérations sont d'ores et déjà revenues en France".

"Une fois endoctrinés et entraînés à tuer par Daesh [acronyme arabe de l'Etat islamique] et le Front Al-Nosra [branche syrienne d'Al-Qaïda], la plupart d'entre eux représenteront un risque sécuritaire majeur à leur retour", a estimé le ministre de l'Intérieur.

Les profils sont variés 

Les profils des radicalisés sont divers, a-t-il noté. Ils vont de "délinquants de droit commun, qui ont pu se radicaliser en prison", à des jeunes "des milieux populaires, animés par un sentiment de frustration et de haine, développant un goût pour les théories complotistes et le sentiment que les musulmans sont maltraités", en passant par ceux "issus des classes moyennes supérieures en quête de sens, avec un malaise identitaire et qui développent une conception fantasmée de la révolution islamiste", a-t-il expliqué.

"Parmi les personnes radicalisées que nous avons identifiées, 16% ont moins de 18 ans, et 85 de ces mineurs ont même rejoint les organisations terroristes en Irak ou en Syrie", a précisé Bernard Cazeneuve.