Interview de Soeur Rose, membre de l'association des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence qui lutte contre le Sida

L'ordre des soeurs de la Perpétuelle Indulgence est créé à San Francisco en 1979 par un groupe militant homosexuel.Partout dans le monde les Soeurs font voeux de lutter contre les exclusions, de prôner la tolérance et de lutter contre le sida. Elles répandent à tout moment des messages de prévention par la promotion du sexe sans risque.

Soeur Rose
Soeur Rose (Laurent Attias)

L'ordre des soeurs de la Perpétuelle Indulgence est créé à San Francisco en 1979 par un groupe militant homosexuel.

Partout dans le monde les Soeurs font voeux de lutter contre les exclusions, de prôner la tolérance et de lutter contre le sida. Elles répandent à tout moment des messages de prévention par la promotion du sexe sans risque.

Parlez-nous du but de votre association de « bonnes sœurs » ?
Soeur Rose: "Les Sœurs de la perpétuelle indulgence ont été créées à San Francisco en 1979. Puis elles sont arrivées en France en 1991. Il existe cinq couvents qui regroupent environ cent sœurs. Notre projet principal réside dans ce que l"on appelle des séjours de ressourcement. Ces séjours sont destinés aux séropositifs, au personnel hospitalier ou au proche de séropos qui auraient perdu quelqu"un. Pendant ces séjours on essaye de leur faire aimer leur corps qui change. On leur donne un peu d"amour et on ne les juge pas.

Que faites-vous pour Solidarité Sida?

Ce soir on soutient Solidarité Sida. On est là pour faire de la prévention. Il ne faut pas baisser la garde car on meurt toujours du sida ou d"une autre maladie. On est là pour dire que la prévention peut être un plaisir et que le plaisir passe par la prévention. On va distribuer tous types de capotes et on va présenter les différents types de gels et de sextoys car beaucoup de jeunes découvrent tout ça. On n"en parle pas assez à l"école. Et tous ces jeunes ne mettent pas de visage sur le Sida. Pourtant à Paris les plus contaminés sont les jeunes, hétérosexuels comme homosexuels, et ce message passe extrêmement mal. En plus du Sida on parle aussi de la syphilis, de la chtouille et des hépatites qui reviennent en flèche. Et certains courent même au suicide car 15 pilules par jours c"est dur. Le corps s"abîme et on perd de la masse musculaire. Beaucoup d"autres vivent avec de simples allocations pour handicapés et les gens n"en n"ont pas conscience."