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Visite d'Emmanuel Macron à Calais : Médecins du Monde dénonce "une remise en question du droit d'asile et un tri des migrants"

Un responsable de l'association Médecins du monde a dénoncé mardi sur franceinfo la remise en question du droit d'asile à Calais à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron dans la ville portuaire.

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Radio France
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Des migrants au bord de l'autoroute A16 en direction du tunnel sous la Manche le 14 décembre 2017. (MAXPPP)

Les associations profitent de la venue d'Emmanuel Macron à Calais mardi 16 janvier pour dénoncer la situation sur place. Le président de la République doit rencontrer les élus locaux et les associations, avant le projet de loi sur l'immigration. Invité de franceinfo, Jean-François Corty, directeur des opérations internationales à Médecins du Monde (auteur de La France qui accueille, aux éditions de L'Atelier) estime qu'il y a "une remise en question" du droit d'asile. "C'est le tri des migrants", dénonce-t-il.

franceinfo : Calais est-elle une représentation de la France qui accueille ?

Jean-François Coty : Il faut comprendre les Calaisiens qui sont fatigués. La crise économique qu'ils subissent n'est pas dûe à la migration mais à une insuffisance de politique de lutte contre les inégalités. Il y a une confusion des genres qui se fait. Au fond, on peut reprocher au gouvernement actuel et précédent d'utiliser la migration comme bouc émissaire pour masquer les insuffisances de politique de lutte contre les inégalités et la pauvreté, qu'on soit avec ou sans papiers.

Que constatez vous sur le terrain ?

On est dans une situation où tout est bon à prendre, y compris en mettant en danger les migrants pour limiter l'accueil favorable de ces personnes fragiles. Ce qu'on constate sur le terrain, que ce soit à Calais, à Paris ou ailleurs, c'est une destruction des lieux de vie, le gazage des tentes, des sacs de couchage... C'est une mise en difficulté des aidants. C'est une remise en question du droit d'asile, c'est le tri des migrants. Il y a un décalage entre ce que proposent les autorités et les réalités de la société civile où il y a un vivier de solidarité. Beaucoup d'acteurs, que ce soit en milieu rural ou urbain, organisés en associaition ou pas, sont prêts à en faire plus. Cela permet de dire aujourd'hui que la France peut accueillir plus et mieux parce qu'elle a la capacité de le faire.

Emmanuel Macron va prononcer un "discours de vérité" à Calais, ça veut dire quoi ?

C'est très difficile, il y a eu plusieurs séquences ces derniers mois où on avait l'impression que les autorités voulaient négocier avec les associations et les acteurs de la société civile. La réalité c'est qu'il n'y a aucune discussion. Les autorités affirment des positions qui sont en rupture avec des valeurs qu'aujourd'hui beaucoup d'acteurs de la société civile proposent. Dans ces conditions, on se demande s'il est encore nécessaire d'aller discuter avec des autorités qui sont prêtes à mettre en danger les migrants. Les autorités ne s'appuient pas sur cette société civile. Elles utilisent le déni de solidarité pour mettre en tension les citoyens. C'est dangereux pour notre pacte social.

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