Crise migratoire dans la Manche : Gérald Darmanin plaide pour un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs rejeté toute "remise en cause" des accords du Touquet, datant de 2004, qui placent la frontière britannique côté français.

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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à Calais (Pas-de-Calais), dimanche 28 novembre 2021. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Volonté d'accord. Quelques jours après le drame qui a coûté la vie à 27 migrants et au lendemain d'une réunion à Calais (Pas-de-Calais) avec les ministres européens, Gérald Darmanin a plaidé lundi 29 novembre pour un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pour endiguer les traversées de la Manche par des migrants illégaux"Cela ne peut pas être un simple accord de réadmission de migrants sur le territoire" français, a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse après un Conseil de défense de sécurité intérieure, présidé dans la matinée par Emmanuel Macron, consacré à la situation. "Ce que nous voulons, a insisté Gérald Darmanin, c'est un accord équilibré qui offre de réelles solutions y compris aux problèmes de la France et de l'Europe (...) Nous ne voulons pas d'un accord unilatéral." Le ministre a annoncé que le Premier ministre Jean Castex écrirait mardi à son homologue Boris Johnson pour lui proposer de travailler à l'élaboration de cet accord.

Deux hélicoptères pour surveiller le littoral

Le gouvernement est "prêt à reprendre très rapidement les discussions avec la Grande-Bretagne", à partir du moment "où il n'y pas de double discours" (privé et public), a affirmé le ministre, qui avait désinvité dimanche son homologue Priti Patel à la réunion à Calais. Il ripostait à une lettre publiée sur Twitter par Boris Johnson qui demandait à Paris de reprendre les migrants arrivant de France en Grande-Bretagne. Gérald Darmanin a par ailleurs rejeté toute "remise en cause" des accords du Touquet, datant de 2004, qui placent la frontière britannique côté français, ainsi que l'ont suggéré plusieurs personnalités d'opposition, en rappelant que ce texte ne concernait que l'immigration légale.

Il a mis en garde les Britanniques contre toute velléité de remettre à la mer les migrants qui arriveraient sur leurs côtes, ce qui serait "une ligne rouge inacceptable". "Nous n'accepterons jamais la pratique des refoulements en mer", a-t-il assuré, car "le Royaume-Uni n'est pas exonéré du droit international". Enfin, en plus d'un avion de l'agence européenne Frontex, deux hélicoptères français seront affectés à la surveillance du littoral pour empêcher les traversées mortelles, a-t-il annoncé.

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