Affrontements à Calais : des associations mettent en cause la police et accusent la maire de la ville de "diffamation"

L'Auberge des migrants et Utopia 56, deux associations d'aide aux migrants, ont répondu, vendredi sur franceinfo, à la maire de Calais qui a dénoncé leur "complicité" dans les affrontements entre migrants jeudi dans la ville.

Des migrants rassemblés à Calais, au lendemain des affrontements qui ont fait une vingtaine de blessés.
Des migrants rassemblés à Calais, au lendemain des affrontements qui ont fait une vingtaine de blessés. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Les associations mises en cause par la maire de Calais, Natacha Bouchart, au lendemain de violents affrontements entre migrants afghans et africains, ont réagi vendredi 2 février sur franceinfo. Yann Manzi, le fondateur de l'association d'aide aux migrants Utopia 56, a accusé Natacha Bouchart de "diffamation", après qu'elle a dénoncé un peu plus tôt sur franceinfo "la complicité de certains passeurs, certains 'no border', certains activistes ou certains associatifs".

Yann Manzi a tenu à rappeler que les membres de son association ne sont pas "des 'no border' ou des activistes. Nous sommes simplement des humanitaires qui font le travail de l'État à Calais depuis des années (...) Essayer de nous amalgamer et de nous enfermer dans le fait que nous sommes des 'no border' ou des activistes, c'est tout simplement lamentable", a poursuivi Yann Manzi. "C'est grave, elle nous accuse indirectement d'être à l'origine de ces faits", a-t-il ajouté.

"Au moindre prétexte, la violence explose"

Également contacté par franceinfo, le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé, a mis en cause la police, après ces violents affrontements. Selon lui, la "tension" est montée d'un cran jeudi matin, quand "28 véhicules de CRS sont arrivés sur les lieux de distribution (de nourriture) habituels". La police a alors "chassé les gens des tentes et a commencé à tout détruire, elle n'a laissé récupérer leurs affaires qu'aux personnes qui ont des papiers, a affirmé le président de l'Auberge des migrants. C'est cela, selon lui, "qui a amené le début de cette tension, de cette violence".

Cette action a contraint, selon Christian Salomé, "des gens à aller plus loin, dans un autre lieu de distribution. Et là, pour un motif complètement futile de coup de coude dans une file de distribution de repas, c'est parti en explosion", a-t-il expliqué. "Les gens sont tellement tendus dans ces conditions de vie, qu'au moindre prétexte, la violence explose", a encore affirmé le président de l'Auberge des migrants.