Guyane : nouvelle vague de suicides chez des Amérindiens

Les suicides d'Amérindiens en Guyane, qui habitent souvent dans les communes les plus reculées du territoire, sont 25 fois plus nombreux que les suicides en métropole. 

Maripasoula en Guyane française, le 16 septembre 2018. (photo d\'illustration)
Maripasoula en Guyane française, le 16 septembre 2018. (photo d'illustration) (JODY AMIET / AFP)

En trois semaines, un homme de 20 ans, une lycéenne de 16 ans et la fille du chef suprême des Wayana, âgée de 43 ans, se sont pendus à Maripasoula, commune de l'ouest guyanais. Aikumalé Alemin, élu de Maripasoula, se dit "totalement dépassé" par le fléau.

Cette série noire relance la problématique du mal-être des populations autochtones. Les suicides d'Amérindiens en Guyane, qui habitent souvent dans les communes les plus reculées du territoire, sont 25 fois plus nombreux que les suicides en métropole et 8 à 10 fois plus importants que les suicides sur le littoral guyanais.

"On ne fait pas le centième de ce qui est à faire" pour prévenir les suicides chez les Amérindiens de Guyane, regrette Marianne Pradem, coordinatrice de la cellule régionale contre les suicides. Après des vagues de suicides en 2011 et 2015, la préfecture de Guyane avait mis en place des cellules de crise. Mais celle-ci n'a "jamais eu de ligne budgétaire" et "n'existe plus" faute de moyens humains.