Guadeloupe : "J'étais à cent lieues de penser qu'il y avait une corruption", déclare une sénatrice guadeloupéenne

Huit personnes, dont un policier, sont soupçonnées d'avoir "organisé" des violences en Guadeloupe et "racketté" des entreprises, sur fond de contestation autour du vaccin anti-Covid.

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Radio France
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La sénatrice socialiste Victoire Jasmin au Sénat, le 24 juin 2020. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Je suis vraiment très touchée de voir qu'on est tombé aussi bas", déclare samedi 22 janvier, sur franceinfo, la sénatrice PS de Guadeloupe Victoire Jasmin, après la mise en examen de huit personnes suspectées d'avoir "organisé" les violences en Guadeloupe et "racketté" des entreprises. "J'étais à cent lieues de penser qu'il y avait une corruption et que des élus seraient impliqués." Elle assure avoir elle-même subi des pressions, mais "même quand on a peur, on doit dénoncer".

franceinfo : Êtes vous surprise par ces violences organisées en Guadeloupe et par l'implication d'un policier ?

Victoire Jasmin : C'est très grave ce qui se passe actuellement en Guadeloupe. J'ai toujours dénoncé les violences mais à ce niveau-là, c'est la première fois. Je suis vraiment très touchée de voir qu'on est tombé aussi bas. Je pensais que c'était entre les gangs entre eux, mais j'étais à cent lieues de penser qu'il y avait une corruption et que des élus seraient impliqués. La Guadeloupe, c'est un lieu où on doit effectivement défendre ses droits en toute liberté, comme partout en France, mais on ne peut pas arriver à ce point-là.

Vous n'avez jamais subi de pressions en tant qu'élue ? Est-ce que vous avez eu peur parfois ?

Quelquefois oui. J'ai subi des pressions et même des menaces. En plus, quand on est une femme, c'est compliqué, mais il faut savoir dire les choses. Je sais que je risque chaque jour certaines choses parce que j'ai déposé deux plaintes au mois de décembre. Si on ne dit rien et on cautionne tout, on ne va pas faire du bien à son pays, ni même à d'autres femmes qui sont en politique et à la population de façon générale. Même quand on a peur, il faut dénoncer.

L'État a-t-il été assez présent pour assurer la sécurité des guadeloupéens ?

Ils ont envoyé des gens du Raid et un certain nombre de professionnels, mais depuis que je suis sénatrice, j'ai moi-même demandé au ministre de l'Intérieur de renforcer les effectifs de la police en Guadeloupe. Il y a les moyens mais quand on voit que tout est organisé, tout est planifié, tout est fait pour perturber, c'est très grave. Des personnes font diversion en attirant les policiers à certains endroits pour qu'il y ait des méfaits ailleurs. Je crois que la justice doit faire tout son travail pour que toutes ces personnes soient punies.

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