"On est sur de la trahison" : ce que l'on sait de la mise en examen d'un policier soupçonné d'avoir "planifié" des violences en Guadeloupe

Huit personnes, dont un policier, sont mises en examen à Pointe-à-Pitre, soupçonnées d'avoir notamment demandé de l'argent à des entreprises pour que les émeutiers ne s'en prennent pas à elles, sur fond de contestation autour du vaccin anti-Covid.

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Radio France
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Une voiture brûlée lors des violences commises le 20 janvier 2022 en Guadeloupe. (GUADELOUPE 1ÈRE)

Les manifestations à n'en plus finir contre l'obligation vaccinale, avec leur lot de barrages et de pillages, qui secouent la Guadeloupe depuis trois mois n'ont rien de "spontanées" selon le procureur de la République de Pointe-à-Pitre. Huit personnes ont été mises en examen, notamment pour "associations de malfaiteurs". Elles sont soupçonnées d'avoir organisé des violences et d'avoir mis en place un système de racket des entreprises installées en Guadeloupe.

Parmi eux, des membres des gangs de Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre et Grand-Camp, qui auraient établi une stratégie très organisée, en deux temps. D'abord, les jeunes semaient le chaos, en provoquant des violences, des incendies, en montant des barrages et des pillages. Et puis, dans un second temps, ils allaient frapper aux portes des entreprises, et leur demandaient de l'argent en échange de leur tranquillité.

Les sommes sont "vraisemblablement conséquentes", selon le procureur, qui ne donne pas de chiffre précis. Les grands centres commerciaux guadeloupéens ont certainement payé et c'est ce qui expliquerait qu'ils n'ont pas été attaqués.

Une instrumentalisation du climat social

Plus étonnant encore, un policier figure parmi les huit suspects. Il est soupçonné d'avoir eu un rôle "actif" dans les violences et même d'être à "l'origine" de "nombreuses opérations". Par exemple, les enquêteurs pensent qu'il a donné aux suspects les positions de ses collègues policiers, pendant les interventions. Une "trahison" pour le procureur de Pointe-à-Pitre, Patrick Desjardins. Il est soupçonné aussi d'avoir aider à planifier l'incendie du Service pénitentiaire d'insertion et de probation, ou encore d'avoir voulu envahir les pistes de l'aéroport.

Pour le procureur, l'oppostion à l'obligation vaccinale était une "opportunité" pour les suspects de s'enrichir personnellement. En plus du chantage aux entreprises, ils avaient aussi pour but de faire pression sur des élus. L'idée était de créer des associations d'opposants à l'obligation vaccinale, pour pouvoir prétendre à des subventions publiques et donc détourner cet argent.

Les suspects sont allés loin dans leur couverture : certains d'entre eux ont participé aux négociations de sortie de crise avec le député de la 1ère circonscription de Guadeloupe, Olivier Serva, l'élu La République en Marche, qui a voté contre le pass vaccinal. 

Victorin Lurel, sénateur socialiste de Guadeloupe, n'est pas "étonné" par ces révélations parce que l'Etat "a laissé prospérer les gangs"a affirmé l'ancien ministre des Outre-Mer de 2012 à 2014 sur franceinfo, samedi. 

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