UberPop : trois questions sur la suspension du service en France

Dans un entretien au "Monde", le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal, annonce la suspension de ce service controversé.

Le directeur général d\'Uber France, Thibaud Simphal, le 19 mai 2015, à Paris.
Le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal, le 19 mai 2015, à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

UberPop va être suspendu. Dans un entretien au Monde, le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal, annonce la suspension de ce service en France à partir de 20 heures, vendredi 3 juillet. Visé par une enquête judiciaire, ce service, qui permet à des chauffeurs amateurs de transporter des passagers contre rémunération, est la cible des taxis depuis son lancement.

Pourquoi une telle décision ?

"En premier lieu, pour préserver la sécurité des chauffeurs Uber, ce qui a toujours été notre priorité. Ils ont été victimes d’actes de violence ces derniers jours", explique-t-il, avant d'évoquer "un esprit d'apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics".

Sur la légitimité de ce service, interdit par la loi Thévenoud de 2014, Thibaud Simphal indique attendre la décision du Conseil constitutionnel, prévue en septembre.

Que vont devenir les chauffeurs UberPop ?

"Nous allons les aider", explique le directeur, sans détailler précisément de quelle manière. Mais il rappelle que "87% des chauffeurs UberPop ont une autre activité à côté" et que leur recette moyenne annuelle est de 8 200 euros. Pour Thibaud Simphal, ces chauffeurs ne perdent qu'"une opportunité réelle d’arrondir leurs fins de mois".

Quelles propositions fait-il pour sortir de la crise ? 

Thibaud Simphal imagine des aménagements pour aider au développement du marché des VTC. Selon lui, il suffirait de ne plus exiger une formation en nombre d’heures, mais des compétences validées par un examen. "Actuellement, le processus pour devenir VTC prend six mois et nécessite 250 heures de formation alors qu’on a le droit d’être pilote d’avion léger en 20 heures ! Cette formation coûte jusqu’à 6 000 euros. Personne, dans les populations dont on parle, n’a une telle somme". Il souhaite également que la capacité financière à 1 500 euros imposée aux VTC soit abaissée et que l'on autorise des voitures moins luxueuses aux chauffeurs.