Pourquoi il sera plus difficile de trouver un VTC à partir du 1er janvier

Les chauffeurs n'ayant pas obtenu le statut de VTC ne sont plus autorisés à assurer des courses via les plateformes de réservation.

La raréfaction des chauffeurs exerçant sur les plateformes de VTC pourrait engendrer des hausses de tarifs pour les clients.
La raréfaction des chauffeurs exerçant sur les plateformes de VTC pourrait engendrer des hausses de tarifs pour les clients. (MAXPPP)

Vous avez l'habitude de pester devant votre smartphone car vous n'arrivez pas à réserver une course en VTC (véhicule de transport avec chauffeur) ? Cela risque de ne pas s'arranger à partir de lundi 1er janvier, notamment à Paris. C'est en effet à cette date que s'applique une disposition-clé de la loi Grandguillaume, votée l'an dernier, sous le précédent quinquennat, pour apaiser les tensions entre taxis et VTC.

Avec l'entrée en application de cette loi, les chauffeurs sous statut "Loti" ne pourront plus circuler dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants s'ils n'ont pas passé un examen ou engagé une procédure d'équivalence leur permettant d'obtenir la carte professionnelle VTC.

Un examen particulièrement difficile

Normalement réservé pour le transport collectif, le statut Loti permet de transporter des groupes d'au moins deux personnes. Mais, plus facile à obtenir que celui de VTC, il est aussi utilisé de manière détournée par des chauffeurs pour exercer auprès de plateformes de VTC (Uber, Chauffeur Privé, LeCab, etc.) Cela concerne environ 15 000 chauffeurs en France : autant de voitures en moins disponibles pour les clients dans les grandes villes.

Pour continuer à avoir le droit de prendre en charge des clients via des applications de VTC, ces chauffeurs Loti ont été invités depuis un an à obtenir le statut de VTC. Pour ce faire, ils peuvent obtenir une équivalence s'ils justifient de 1 600 heures d'activité, ou bien passer l'examen professionnel de VTC. Or, cet examen théorique qui mélange questions de droit, de gestion, d'anglais, de français ou de sécurité est particulièrement ardu, comme le rappelle Le Parisien, exemples à l'appui. Sur l'ensemble de l'année 2017, 80% des candidats ont été recalés, et le taux d'échec est encore plus important en Ile-de-France.

Des tarifs qui pourraient grimper 

Début décembre, le ministère des Transports estimait qu'entre 8 000 et 8 500 cartes VTC auront été délivrées en 2017 : 2 000 par le biais de l'examen, 6 000 à 6 500 par la voie de l'équivalence Loti-VTC.

Une tolérance a toutefois été accordée par Elisabeth Borne, la ministre des Transports, pour les chauffeurs qui ont "engagé les démarches nécessaires pour devenir VTC avant la fin de l'année" et qui pourront "continuer à exercer temporairement". Tous les autres – plus de 10 000 selon le directeur général d'Uber France, Steve Salom – se retrouveront au chômage dès le 1er janvier. Le ministère prévoit la création en janvier d'une cellule qui les aidera à passer l'examen ou à se réorienter vers d'autres métiers.

Pour les clients, cette saignée dans les effectifs des chauffeurs n'est pas non plus une bonne nouvelle. Car qui dit rare, dit cher, certaines plateformes n'hésitant pas à majorer les tarifs aux heures où la demande est supérieure à l'offre. Sans compter les temps d'attente, qui devraient être rallongés.