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Pourquoi Frigide Barjot et son mari ont été expulsés de leur logement

Condamnés pour "manquements graves aux obligations des baux d'habitation", ils ont quatre mois pour quitter leur duplex du 15e arrondissement de Paris.

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France Télévisions
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Frigide Barjot, ex-égérie des opposants au mariage pour tous, le 8 octobre 2013 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

Frigide Barjot et son mari Basile de Koch ont quatre mois pour quitter leur logement social parisien. Le tribunal d'instance du 15e arrondissement a décidé leur expulsion, mardi 30 octobre.

L'ex-égérie de la Manif pour tous et son mari ont été assignés, en juin, par la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). Elle exigeait la résiliation des baux au nom du couple, accusé d'occuper illégalement ce duplex de 173 m² dans le 15e arrondissement parisien. Ils devront le quitter d'ici à février 2014. Francetv info revient sur cette affaire.

Que leur reprochait-on ?

Le loyer acquitté par le couple pour ce duplex est de 2 850 euros, un montant bien inférieur au prix du marché. La RIVP avait cherché à l'augmenter, mais les locataires ont fait jouer une clause sociale en arguant de revenus relativement faibles (environ 36 000 euros par an). Après enquête, le bailleur social a découvert qu'ils avaient utilisé leur appartement "à des fins commerciales", par le biais de la société Jalons, cofondée par Basile de Koch (de son vrai nom Bruno Tellenne), et d'avoir sous-loué les lieux à cette société. Des "manquements graves aux obligations des baux d'habitation", indique la RIVP.

La décision rendue mardi "prononce la résiliation judiciaire des baux", mais "autorise cependant monsieur Bruno Tellenne et madame Virginie Tellenne à quitter les lieux dans un délai de quatre mois à compter du présent jugement".

Comment a réagi le couple ?

Selon Le Figaro, Frigide Barjot, qui avait lancé un appel aux dons à ceux qui souhaitaient la soutenir, se dit "anéantie". Son mari a contesté cette décision. "Toutes les pièces que nous avons produites pour notre défense ont été ignorées, cette décision semble avoir été rédigée par la RVIP", a-t-il ajouté avant d'assurer qu'il allait faire appel.

De son côté, l'avocat de la Régie immobilière, Olivier Chauvin, s'est déclaré "totalement satisfait" de ce jugement, qui a repris selon lui "l'ensemble de notre argumentation".

Pourquoi dénoncent-ils une "manipulation politique" ?

Pour Basile de Koch, "il ne s'agit pas d'une décision juridique, mais d'une décision dont le caractère politique est évident. Jalons a été domicilié avec l'autorisation de la RIVP à cette adresse sans aucun problème pendant vingt-sept ans, mais les problèmes ont commencé dix jours après la première manifestation nationale de Frigide Barjot" contre le mariage homo.

Sur Twitter, l'association "Avenir pour tous", fondée par Frigide Barjot après son éviction de la Manif pour tous, a estimé mercredi que "cette expulsion par la mairie de Paris est une manœuvre de déstabilisation politique indigne".

Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, s'est lui félicité d'une "décision juste et légitime", face à "une situation totalement anormale". "Au moment où tant de familles attendent un logement social, rien ne justifiait que cette situation perdure. Les logements qui dépendent d'un bailleur social doivent bénéficier à celles et ceux qui en ont besoin", a-t-il déclaré dans un communiqué.

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