François Fillon a annoncé mercredi un séminaire gouvernemental lundi, à Matignon, sur l'identité nationale

"Nous allons donc maintenant en tirer les conclusions, nous allons examiner l'ensemble des propositions qui ont été faites tout au long de ce débat et puis on va sélectionner celles qui méritent d'être mises en oeuvre et qui justifient des décisions", a-t-il dit à Europe 1.

François Fillon, invité du 19/20, jeudi 28 février, sur France 3.
François Fillon, invité du 19/20, jeudi 28 février, sur France 3. (F3)

"Nous allons donc maintenant en tirer les conclusions, nous allons examiner l'ensemble des propositions qui ont été faites tout au long de ce débat et puis on va sélectionner celles qui méritent d'être mises en oeuvre et qui justifient des décisions", a-t-il dit à Europe 1.

Ce séminaire, annoncé comme une concluision au débat remplacera le grand colloque initialement prévu par le ministre de l'Immigration, Eric Besson.

Mais dans la soirée, Matignon a assuré à l'AFP que ce séminaire était "un point d'étape" et que "le débat se poursuivrait". "Ce n'est pas la fin de l'histoire", a insisté l'entourage du Premier ministre, évoquant "un processus d'examen et de sélection d'initiatives et de propositions".

Un message relayé par Eric Besson, qui a répété qu'après le mois de mars (date des élections régionales), il ferait "un tour de France des régions pour présenter les orientations et les décisions retenues lors du séminaire".

Alors qu'un sondage avance que 63% des persones interrogées jugent que le débat n'a pas été constructif, le ministre avait récemment admis que la mise en place d'un "comité des sages" avec "des intellectuels de gauche, de droite, des vrais républicains" lui aurait évité de monter en première ligne.

La gauche et certains membres de la majorité reprochent au gouvernement d'avoir agi précipitemment dans l'organisation de ce débat, et d'avoir voulu jouer sur les terres de l'extrême droite à des fins électoralistes.

Le 4 décembre déjà, François Fillon était venu au secours du débat en assurant qu'il n'était pas de "circonstance", c'est-à-dire non relié au contexte électoral.

"On nous a soupçonnés d'instrumentaliser la question nationale, comme si cette question n'était pas lancinante, et cela depuis longtemps" mais "le danger n'est pas de débattre !", avait-il lancé. "Le danger, c'est de laisser monologuer les tenants du repli national, les nostalgiques qui sont prêts à emboucher le clairon de (Paul) Déroulède et de Vichy".

Reste qu'après avoir été rapidement marqué par une réflexion xénophobe tenue par un élu local UMP en marge d'une réunion publique, le débat a ensuite été rythmé par les polémiques: propos controversés de la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, virulentes attaques contre Eric Besson, coup d'éclat de Vincent Peillon (PS) autour d'un débat télévisuel...