Forsane Alizza soupçonné d'avoir voulu incendier "Libération"

Le groupuscule aurait voulu s'en prendre au quotidien pour le soutien qu'il avait apporté à "Charlie Hebdo" après l'attaque de ses locaux, affirment "Le Parisien" et "Le Figaro".

La rédaction de \"Libération\" à Paris, le 11 novembre 2006.
La rédaction de "Libération" à Paris, le 11 novembre 2006. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Le groupuscule salafiste Forsane Alizza n'aurait pas apprécié que Libération soutienne Charlie Hebdo. Les locaux de l'hebdomadaire satirique avaient été incendiés en novembre 2011, à la veille de la parution d'un numéro spécial intitulé Charia Hebdo et caricaturant Mahomet. Du coup, "Libération était visé pour avoir apporté son soutien et pour avoir hébergé la rédaction du journal", a déclaré une source proche de l'enquête citée par Le Parisien mercredi 11 avril.

D'après Le Figaro, citant une source proche du dossier, "la mouvance Forsane envisageait de réserver à Libé le même sort que celui que venait de subir l'hebdomadaire satirique". Selon les deux quotidiens, le groupuscule, dont treize membres présumés ont été mis en examen, envisageait aussi de cibler le groupuscule d'extrême droite Bloc identitaire.

Cocktails Molotov

Libération se contente d'une brève dans son édition du 11 avril. La journaliste Patricia Tourancheau explique que Forsane Alizza aurait voulu "mettre le feu". Elle cite deux sources proches du dossier qui confirment que "deux projets très récents de Forsane Alizza visaient en effet à attaquer Libération et Bloc identitaire au moyen de cocktails Molotov".

Treize membres présumés de Forsane Alizza, interpellés fin mars, ont été mis en examen début avril et neuf d'entre eux écroués. Ils sont soupçonnés d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "acquisition, détention et transport d'armes". Parmi les personnes incarcérées figure le leader de Forsane Alizza, Mohamed Achamlane. Certaines sont soupçonnées d'avoir évoqué en septembre 2011 un "projet intellectuel" d'enlèvement d'un magistrat lyonnais qui n'avait toutefois pas connu de "tentative de commencement d'exécution", selon le procureur de Paris, François Molins.