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Face à la "séquence Sarkozy", l’équipe Hollande martèle que "ça ne change rien"

Alors que la campagne s'accélère à droite, l'équipe socialiste joue méthodiquement le refrain de la sérénité. Décryptage.

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France Télévisions
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François Hollande le 11 février 2012 au Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).  (ALEXIS REAU / SIPA)

"On continue, on ne change rien", s’exclament à l’unisson les porte-paroles de François Hollande joints par FTVi mercredi 15 février. Officiellement, pas question pour l’équipe socialiste de modifier ses plans alors que Nicolas Sarkozy s’approprie les unes des médias. "On a une campagne qui a sa logique, sa cohérence, sa force, nos propres séquences et nos responsables socialistes invités dans les médias dès jeudi", déroule méthodiquement Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat.

"Ça ne change rien"

De toute façon, "Nicolas Sarkozy est candidat depuis deux semaines au moins, on ne va pas changer parce qu’il affirme ce qu’on sait déjà", s’exclame-t-il. Que le candidat UMP promette "des surprises" et tente de reprendre le dessus dans les médias avec un déplacement par jour, petits, moyens et grands meetings, ne les effraie pas plus que ça.

"Sarkozy n’a pas été absent jusque-là", souligne Delphine Batho. Qui énumère : "Entre tous ses vœux au long du mois de janvier, la mondovision avec neuf télés qui retransmettent son intervention un dimanche 29 janvier au soir et l’interview croisée avec Mme Merkel…"

"C’est lui qui accélère"

Quand Bernard Cazeneuve dit : "On fait notre campagne, pas la sienne", Delphine Batho préfère : "On ne fait pas en fonction de Sarkozy." En affichant leur sérénité à chaque occasion, les socialistes tentent de mettre en évidence la déstabilisation de la droite. Nicolas Sarkozy a avancé son annonce de candidature et la gauche s’en donne à cœur joie.

A commencer par François Hollande lui-même, qui a promis mardi à Saint-Etienne (Loire) qu’il ne commenterait pas chaque sortie de Nicolas Sarkozy. Tout en glissant quand même dans un sourire : "Sans doute a-t-il considéré qu’il était urgent de se déclarer."

"On sent bien une forme d’urgence, d’empressement, d’improvisation", renchérit Delphine Batho, qui "sent" aussi "le poids de Patrick Buisson et des autres sondeurs de l’Elysée sur ce faux buzz. Et dans le contenu aussi !" Car s’il ne change rien, le PS n’oublie pas d’attaquer.

Le bilan toujours en ligne de mire

"Nous espérons juste qu’il arrêtera de faire campagne aux frais de l’Etat", confie la porte-parole. Qui reconnaît aussi que la consigne est de mettre l’accent sur le bilan de Nicolas Sarkozy, "et principalement la situation économique et financière de la France". "Il n’y a qu’un seul candidat avec un bilan, (…) il serait trop facile de s’en exonérer", a d’ailleurs déclaré François Hollande à Saint-Etienne.

A l’agenda du candidat socialiste, repli en Corrèze pour la séquence budgétaire. Peut-être un "déplacement en Creuse". Et l’émission politique d’Olivier Mazerolle "BFMTV 2012 Le Point-RMC" dimanche soir, pile quand Nicolas Sarkozy sortira de son grand meeting à Marseille.

"C’est prévu de longue date, insiste Delphine Batho. Quand je les entends dire que François Hollande a tiré toutes ses cartouches, j’ai envie de répondre qu'une élection présidentielle, ce n’est pas une pochette-surprise où on fait des coups." Autre rendez-vous au programme, la publication de son livre, Changer de destin, aux Editions Robert Laffont, prévue pour jeudi 23 février, selon Europe 1.

 Et si finalement, "on décide d’insister sur un point en particulier, vous vous en rendrez compte", sourit Bernard Cazeneuve, qui ne ferme pas la porte à quelques ajustements à la marge.

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