Et si les étudiants notaient leurs profs de fac ?

Dans un rapport remis au Premier ministre, un député PS propose d'associer les étudiants à l'évaluation de leurs professeurs. Objectif : améliorer la qualité de l'enseignement.

Des étudiants s\'installent dans une salle de cours de l\'université Lyon-2, le 22 mai 2009 à Lyon.
Des étudiants s'installent dans une salle de cours de l'université Lyon-2, le 22 mai 2009 à Lyon. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Associer les étudiants à l’évaluation de leurs enseignants. C'est la proposition formulée par le député PS de Meurthe-et-Moselle Jean-Yves Le Déaut, auteur d'un rapport sur la réforme de l'enseignement supérieur remis le 14 janvier au Premier ministre. L'élu a fait figurer cette mesure dans son rapport "Refonder l'université, dynamiser la recherche", dont Le Figaro se fait l'écho lundi 21 janvier.

"Cette proposition avait été formulée durant les assises de l'enseignement supérieur les 26 et 27 novembre 2012", indique le quotidien, qui y voit un double avantage : "améliorer la qualité des enseignements et augmenter leur poids dans les évolutions de carrière".

"Aujourd'hui, à l'université, l’évaluation des enseignants-chercheurs est presque exclusivement basée sur la recherche", écrit Le Figaro. En clair, poursuit le journal, "la qualité des cours dispensés importe peu".

Pas d'obligation, assure le ministère

"Cette proposition, inspirée des pays anglo-saxons, où elle est entrée dans les mœurs depuis longtemps, figurait dans la réforme Bayrou en 1997 et avait été relancée en 2008 avec la loi LRU, dite 'd'autonomie des universités'", rappelle le quotidien.

"C'est un outil formidable, qui a été très bien accueilli par les professeurs. Il nous permet d'aider avant tout les enseignants en difficulté à améliorer leurs cours", explique le professeur Emmanuel Cuny, responsable de ce dispositif à l'université de Bordeaux Segalen, l'un des rares établissements à l'avoir mis en place. "Certains l'ont mal pris au départ, mais ils finissent tous par en comprendre l'utilité quand ils constatent que leurs étudiants s'intéressent davantage à leurs cours", ajoute le professeur.

Mais "convaincre les établissements pourrait se révéler compliqué", note Le Figaro, à qui le ministère de l'Enseignement supérieur a indiqué que "cette proposition ne sera[it] pas imposée".