Envoyé spécial : "Le médicament est une industrie sous perfusion"

Le magazine de France 2 se penche ce soir sur les médicaments et l'opacité du système de fixation des prix.

L.Boudaud/ F. Briaud

Si la vente de médicaments a baissé pour la première fois depuis dix ans cette année, les Français restent les plus gros consommateurs d'Europe dans ce domaine. Le magazine de France 2 "Envoyé spécial" se penche sur le marché du médicament, jeudi 12 décembre à 20h45.

Depuis cinq ans, 90% des nouveaux médicaments n'apportent aucun progrès thérapeutique. L'industrie pharmaceutique les appelle les "me too", "de fausses innovations ayant pour objectif d'empêcher le développement des médicaments génériques", comme le souligne un rapport (PDF, p.4) de l'Inspection générale des affaires sociales. Or ces "me too" peuvent coûter plus cher que le médicament d'origine.

Les prix sont fixés par le Comité économique des produits de santé (Ceps), où siègent des agents du ministère de la Santé mais également des représentants des laboratoires pharmaceutiques. Impossible de savoir ce qu'il s'y passe. Même la présidente de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, la socialiste Catherine Lemorton, n'a pu avoir d'explication. Selon elle, ce doit être "du marchandage de tapis".

Si l'Etat laisse faire, dit-elle, c'est qu'il subit la pression des industriels. "On explique qu'il faut maintenir le produit à tel prix, sinon l'industriel peut partir de France." Ce secteur de plus de 100 000 emplois est "sous perfusion permanente", selon la députée.

(GARO / PHANIE)